« La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie. » Sénèque
Le beau efface la douleur…
Soirée des plus austères au Séminaire Don Orione. Plus la force de retourner en ville alors je reste au séminaire dans ma cellule ou dans le jardin.
Couché tôt, c’est du sommeil gagné et de la récupération. La nuit fut décousue comme toujours, par le froid mais aussi par ma blessure au pieds, bien qu’elle fut protégée.
Ce matin réveil 6h et préparation lente pour ne rien oublier et surtout préparer les blessures pour 30 kms.
7h15 je décolle, Fiuff le portail s’ouvre de l’intérieur ! J’avais un doute. Ce matin j’ai mes chaussures neuves et l’ampoule au talon est douloureuse. Je suis froid, voilà ce que je me dis.
Arrêt dans un café pour une boisson chaude. Au séminaire il n’y avait rien. Et c’est parti.
Le séminaire était au nord de la ville alors on commence par traverser la vieille ville, seule la tour clocher de la cathédrale est atypique. La sortie se fait en descente. La zone périphérique est assez dense. Des maisons, des zones techniques, des oliveraies …
Il faut attendre celle du parc du lac de Giulianello pour avoir des chemins. Sauf que, il a bien plu cette nuit et tout est trempé. Mon pieds droit me fait beaucoup souffrir quand je l’utilise en traction montante.
C’est trop, ça fait que 10 kms et la douleur est déjà très forte. Un banc en pleine nature, providence, changement de chaussures et je passe en mode barefoot. Tout de suite une première délivrance, je retrouve mon rythme mais la douleur n’est pas complètement disparue surtout que le gros orteil est touché également .
L’adversité continue. quelle déception que cette marque qui a changé le désign d’une série qui m’allait parfaitement. Un petit commentaire à Topo Athletic leur fera du bien.
Après ce changement, je sors du parc pour aller vers le village du même nom. Du sentier, on se retrouve sur le bord d’une route dangereuse pendant 2 longs kms.
j’ai remarqué que, lorsque la marche est à droite de la chaussée, je ne les vois pas arriver et ils le savent, ils s’écartent. À l’inverse en marchant à gauche, ils pensent que je les vois, et c’est vrai mais c’est à moi de bouger et alors ils me frôlent. Bref c’était pas terrible.
Pour faire passer le stress de se faire dépasser par un 44t italien, une petite pause à Giulianello. Au rond point du village, la police locale, la police nationale et les carabiniers. Ça fait beaucoup pour un rond point. C’était l’attraction des badauds.
Je n’ai pas su exactement pourquoi, une manifestation ou une commémoration, étonnant.
Je presse le pas pour aborder Cori en traversant les oliveraies. À partir de la, les cuisses vont chauffer. Cori est un village sur un piton rocheux, très pittoresque avec son temple d’Hercule et sa vue sur la plaine et la Méditerranée.
Un couple de français, en Italie pour un mariage, bilingue apparemment, m’interpelle. Beaucoup de questions mais ce qui m’interpelle c’est qu’on ne me croit plus.
Quand on débute la Francigena, la réflexion est « vous avez encore du chemin » Et maintenant on vous dit rien mais je vois bien à leur têtes qu’ils ne me croient pas d’avoir fait cela.
Peu importe, il faut redescendre par les petits chemins et escaliers. Dures épreuves également. Direction ma destination. Norma.
Les pieds me font souffrir à nouveau, je suis inquiet. Je m’arrête et change de chaussettes pour me mettre en mode minimaliste. Barefoot et petites chaussettes courtes. Deuxième délivrances. La douleur baisse nettement et j’enlève également la protection du gros orteil.
À nouveau , le rythme revient et comme se sera de la route avec du dénivelé, pas de souci.
Le fait de marcher en barefoot va forcément avoir un impact sur le dos comme en 2024; après 1600 kms quand même. Je réfléchie donc à toutes le solutions. Quand je pense que ces chaussures devaient arriver à Lausanne. Qu’aurais je fais avec ce problème pour le Grand Saint Bernard?
Le temps se gâte et je prends deux petites averses. Pas le temps de se changer , c’est même plus agréable que ce soleil encore brûlant en milieu de journée.
Entre temps mon camarade Guy m’appelle pour me dire qu’il est encore à Rome. Son avion de la veille a été annulé pour la météo en France. Une péripétie qui a entamé son potentiel zen.
À une heure d’arrivée je préviens mon hôte que j’arrive. Il m’enverra le code pour entrer très rapidement.
En arrivant à Norma, c’est la fête de la châtaigne également. De la musique, des stands pour manger et boire. Sympa.
Je récupère un superbe appartement avec tous l’équipement. La routine commence.
Une petite sortie après la douche et les premiers soins des pieds. Ça n’a pas bougé. Ouf !
Après avoir le tour de la fête et attraper l’odeur de la châtaigne brûlée, je rentre car j’ai très faim. Depuis hier soir je suis un peu à la diete.
Voilà encore une grande étape qui se termine bien, éprouvante mais jolie. L’inquiétude pour les pieds est toujours là, demain j’essaierai de remettre les chaussures avec un laçage différent. Je vais également optimiser le chemin pour rester sur la route et à plat. C’est dimanche moins de monde sur les routes. Direction l’abbaye de Fossanova.
Total : 2302 kms
Photos:
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