« Rome, l’unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !
Rome qui t’a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore !
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n’est assez de toute l’Italie,
Que l’Orient contre elle à l’occident s’allie ;
Que cent peuples unis des bouts de l’univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu’elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, et mourir de plaisir ! »
Corneille (Horace, Acte IV, scène 5)
Un chemin s’arrête, un autre commence à Rome
Apres l’étape d’hier, tout va très vite, la nuit tombe, la routine, les courses, organiser le lendemain … tout s’accélère.
Oui tout s’accélère à finir. La nuit dans l’appartement fut calme et reposante. J’ai remarqué que autant dans la rue c’est l’enfer autant dans les petits immeubles, c’est propre et très calme. En tout cas celui ci l’était.
Ce matin réveil comme pour une étape. À 7h30 je sors pour aller prendre le train qui me ramènera dans le centre de Rome. C’est l’embauche et Sta Maria delle mole est une ville dortoir. Rome est un Airbnb avec des administrations, les romains sont à l’extérieur maintenant. Alors beaucoup de monde sur le quai.
Premier défi acheter un billet, pas de machine, pas de guichet … je bataille avec les dizaines d’offres car trenitalia ne connaît pas le village où je suis. Enfin j’arrive à avoir un billet à 1,5 euros c’est honnête.
Le pèlerin solitaire se retrouve dans un train de banlieue bondé. Ce n’est pas ma place, je sens la souffrance de tous ces gens, cela me met mal à l’aise. Sans compter, comme les nôtres, le train qui s’arrête en pleine voie ou qui met du temps à ouvrir les portes.
Arrive à Rome Termini, on croirait Montparnasse. Je sors et direction Sainte Marie des Monts. Je décide d’y aller à pieds pour dégourdir les jambes.
Personne a l’église à part un prêtre orthodoxe à proximité. Un signe ? Je suis étonné. Un moment de recueillement devant ce père pèlerin…. Très jolie église.
Je voulais aller voir Saint Paul mais c’est à 4,5 kms et Guy vient de prendre contact, il est à 9 kms. Je décide de me rapprocher. Uber a 33 euros pour 5 minutes de course ! Ce sera le bus. L’heure tourne alors direction le Vatican. Le bus en bondé normal il va place saint pierre.
Pour acheter un ticket c’est simple, il faut passer sa carte CB sur la borne. Sauf que quand le bus en bondé c’est impossible. Alors au moment d’arriver les contrôleurs entrent en jeu et referment la nasse. 54 euros d’amende. Je leur ai donné mon opinion sur la manière de procéder mais c’est le cadet de leur souci, vous savez cette indifférence qui est pire que la haine. Bref, j’aurai du prendre mon Uber !
Me voilà place Saint Pierre et je remonte le flux sur la VF pour aller à la rencontre de Guy. Finalement on se croisera presque au belvédère.
Heureux de nous retrouver, on repars dans le bon sens. Un café pause avant d’aller dans la multitude. Cela faisait quelques étapes que nous nous étions pas vus.
Au même moment j’aperçois Rene qui passe, je l’interpelle mais il n’entend rien, dans sa bulle. Je l’appellerais plus tard.
Direction le Vatican avec Guy. On se faufile avec nos credentiales. On passe le contrôle de sécurité et nous voilà devant un semblant de bureau des pèlerins. Ils ont fait des efforts depuis le jubilé de 2025 et depuis 2024. Il y a deux dames qui vous enregistrent, regardent votre credentiale, vous fait remplir un papier pour les stats et vous prends en photo.
C’est nettement mieux mais ça n’arrive pas à la cheville de Santiago.
Testimonium en poche, romieu pour la deuxième fois, une petite visite à Saint Pierre s’impose. Entre temps, on retrouve Rene, tout ému pour aller chercher son diplôme. Il ya de quoi c’est son premier chemin !
Ensuite j’ai la bonne idée de renvoyer le diplôme par la poste du Vatican. Elle ouvre à 14h. À 14h30 toujours personne. Ce n’est plus ce que c’était. La pauvre dame de l’information a subi tous les regards inquisiteurs du monde entier. Bref je pensais à tort qu’au Vatican, la poste fonctionnerait mieux que dans les pays connus. Non !
Alors le diplôme repart à Paris avec Guy. Au moins je suis sûr que cela arrivera.
Après cela on se dirige pour aller manger ensemble. C’est le moment pour Philippe et son fils Andrea je crois, de nous rejoindre. Son fils l’a rejoint sur les dernières étapes, c’est beau.
Alors on partagera le verre de l’amitié et le repas avant de nous dire au revoir. Je ne pouvais pas rester plus tard car pour le retour à Sta Maria c’est presque 2h.
Alors deux choses pour aujourd’hui:
Bien que la Via Francigena soit plus austère dans sa réalisation, elle porte l’amitié à un très haut niveau.
Ensuite je declare que je abhorre la ville de Rome. Cela fait trois fois que je viens et cela ne s’arrange pas ! Vive Corneille!
Demain retour à la normalité. On continue vers le sud. Direction Velletri où je serais reçu par un centre de prétendants au séminaire … à suivre
Photos :
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