“La discipline est mère du succès.” Eschyle
L’étape aux multiples visages. Ma soirée a Vetralla se résumera à un appartement d’un autre temps. C’est une ambiance toute particulière. J’ai l’impression d’être dans l’intimité d’une maison familiale.
En tout cas, on s’y sent bien. Le soleil couchant donne dans le salon ce qui ajoute une touche apaisante. Toujours dans mon rythme, je prépare la suite.
La nuit fut décousue car le lit était d’époque également. Une planche de bois interposée entre le matelas fatigué et le sommier tout autant. Le fait de se coucher tôt rattrape la mauvaise qualité du sommeil.
Ce matin 6h comme d’habitude. Un coup d’œil à la météo 14 degrés. Ce sera short et t-shirt; enfin ce qu’il en reste. 6h45, c’est la sortie.
Il fait noir, c’est lundi alors on retrouve les voitures. La sortie de la ville est rapide. On s’éloigne de la ville par de la route secondaire, je mets ma frontale presque pleine puissance pour que l’on me voit. Toujours pas, il y en a qui te frôle encore … je sais plus quoi faire
Fort heureusement , au niveau de Cura, après avoir traversé la voie de chemin de fer, on rentre dans la forêt. Pas de chance j’ai eu droit à la fermeture de la barrière du passage à niveau. Les barrières s’abaissent 5 longues minutes à l’avance. Ça paraît interminable. Connaissant la conduite italienne, je peux comprendre.
La forêt avec le soleil levant est agréable. Personne devant ni derrière. Que le bruit des oiseaux. C’est assez rare. Ensuite on revient sur la voie Cassia pour le traverser et cette fois ci, c’est un paysage de culture de noisettes. On traverse ces plantations en croisant les vestiges de mausolées romains et de clocher médiéval. On les nomme tour d’Orlando, qui aurait à voir avec Roland notre brave chevalier. À creuser m.
On arrive enfin à Capranica, par le côté nouveau sans saveur. En revanche dès la porte de la ville ancienne passée, c’est un dédale de petites rues. Une ancienne cité fortifié sur un piton rocheux. D’ailleurs pour en redescendre c’est pentu.
Direction Sutri maintenant et encore un nouveau visage du chemin. On descend dans un talwegs où coule encore une petite rivière “ fosso Mazano”. La c’est une ambiance particulière, très humide, beaucoup d’arbres à terre, sombre et des fougères d’un autre temps. Une odeur de champignons très forte également.
Alors on suit cette rivière en zigzaguant entre les rochers et arbres couchés. On ressort par un chemin classique et ensoleillé, éblouie même !
Se dresse le village de Sutri, perché sur son piton. Le chemin nous fait pas monter mais il y a deux ans j’avais fait étape ici. C’est un beau village mais faut avoir de bons mollets pour l’arpenter.
Je ferais une pause, juste à la sortie et devant le parc des cavités. Ce sont d’anciennes tombes étrusques , romaines puis chrétiennes.
Après la pause c’est la dernière partie, je remonte sur le plateau et c’est parti pour une longue ligne droite plate à travers noisetiers et oliveraies. Il fait encore bien chaud.
Un peu en retard par rapport à l’heure annoncée à mon hôte. J’arrive à Monterosi. Les clés m’attendent. Alors je ne traîne pas. Ici pas d’auberge recensée. Alors c’est un BB, un peu cher pour ce que c’est mais on commence à sentir la proximité de Rome.
La formule BB classique n’est pas adapté aux pèlerins au long cours. Le tourigrinos peut y trouver des avantages mais pas moi. Généralement on ne peut pas y dîner, surtout ceux en ville ou village. Il faut faire marcher les restaurants collègues. En plus, ils ne sont pas équipés de cuisine. Ensuite les petits déjeuners sont servis aux heures des princesses. Alors c’est l’impasse. C’est pourquoi j’évite ce genre d’endroit généralement. Alors pour ce soir on s’adapte.
Demain ce sera la dernière auberge sur la VF du Nord. Perdue au Milieu de nulle part, je dois prévoir de faire mes courses à Campagnano di Roma.
Total : 2177 kms
Photos :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgBMceOB_VeFSY1N5tt0etMbAU2p6InBMaBPwB-vkn2BKfQ


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