Francigena 82 Viterbo – Vetralla

« Être ce que nous sommes et devenir ce que nous sommes capables de devenir, tel est le seul but de la vie. » Robert Louis Stevenson

Retour à la normalité. Hier, Viterbo se résumera à une sortie pour faire les courses et un tour dans le quartier. C’est du déjà connu pour moi alors je préfère garder mon temps au repos et à planifier.

Dans mon appartement, comme un athlète, je m’occupe du corps et aussi de l’esprit. Quelques heures seulement pour récupérer l’énergie dépensée dans la journée.

Sans cette hygiène de vie ou monastique comme vous souhaitez, il est difficile de faire plusieurs milliers de kms.

Alors, dans le calme des chants de grillons, qui colonisent les villes à cette période de l’année, c’est le repos qui prime.

Et le “tourisme” dans tout cela ? Ma conception du tourisme se noie dans le pèlerinage. À mon sens le poids d’une marche de 5 à 8h par jour dans toutes les contrées du pays n’est sans commune mesure avec les séjours “Instagram”.

Le début de nuit fut difficile, des bruits et puis le lit n’était pas terrible. J’ai horreur des alèses en plastique. J’ai l’impression d’être sous cellophane avec le bruit et la chaleur que cela procure. Alors j’ai sorti mon couchage et suis resté sur la couette.

Par la suite la nuit fut plus douce, toujours au son du grillon. J’adore.

Réveil 6h, pas avant c’est dimanche et une petite étape . La préparation est lente et début d’étape à 7h.

Les premières lueurs sont là, il fait frais mais je reste en short et t-shirt. Il vaut mieux car très vite ça monte, juste après la gare.

On remonte par de la petite route, la pente est constante pendant quelques kms. On passe les résidences puis le paysage change pour des oliveraies.

D’un coup, on passe de la route à un sentier tortueux mal entretenu. En plus, un panneau indique, en Italien, que l’étape est coupée pour travaux et qu’il faut prendre une pseudo variante.

Forcément pas de réseau donc impossible de confirmer cette variante alors je m’engage.

Effectivement quelques centaines de mètres plus loin pas possible de continuer, le chemin est barré par de la rubalise et tout un ensemble de panneaux explicites. C’est dimanche j’ai bien envie de tenter.

Je me résous à trouver une route avec mon appli topo. Effectivement, un peu plus loin en pleine forêt je retrouve le balisage de la VF mais qui n’a rien à voir avec le trajet officiel. Ce doit être la variante mystère.

Quelques kms en pleine forêt et ça monte toujours. Enfin, je rejoins la route. De là la VF classique à San Martino Àl Cimino. J’aurais pu continuer sur cette variante mais je voulais revoir ce village.

Alors en arrivant, les routes sont barrées mais les voitures passent, un barrage a l’italienne, une certaine effervescence règne. Il semblerait qu’ils préparent une fête de la châtaigne, nombreuses dans le coin.

Je profite pour faire ma pause au meme café d’il y a deux ans sauf que beaucoup de monde.

Je retrouve cette énorme église perchée à plus de 600 m avec le village en contrebas. Un office est en cours alors je ne suis pas rentré.

La suite c’est la descente jusqu’à Tre Croci en passant par beaucoup de châtaigneraies. Une belle balade jusqu’à qu’un pickup de chasseurs décérébrés me frôlent sur une petite route. On peut pas être tranquilles 5 minutes en Italie.

À Tre Croci, pause au café connu. Le patron est toujours là et toujours très aimable. C’est dimanche alors on pàlabre, surtout les femmes ce matin, les hommes sont à la chasse.

Après cette tranche de vie je repars en optimisant pour arriver à l’heure dite au tenancier de mon hébergement du jour.

En arrivant je constate que les supérettes sont toujours ouvertes alors je profite d’être un peu en avance pour aller chercher mon dîner.

À 13h, c’est Aldo qui me présente ce grand appartement d’un autre temps, maison familial ? Peut être. En attendant pour pas très cher, il fait le bonheur des pèlerins.

Même scénario qu’hier, repos et planification. J’ai presque terminé mes étapes. À confirmer, mais une arrivée prévue à Santa Maria di Leuca vers le 25 novembre. Soit 4 mois après mon départ.

C’est une prédiction mais les étapes sont longues et parfois très longues. Elles sont optimisées également car le parcours officiel de la VF du sud est loin d’être droit et aussi bien balisé. On verra bien.

Demain on pousse encore un peu avec une grande étape ; Monterosi

Total : 2144 kms

Photos :

https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgBz-OScV_pERKcfvmdPdAg8AW3Xp4ZPfR3SHusvMRV21ac


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