« L’homme du bonheur a accès à tout, notamment à la connaissance du malheur, tandis que l’homme du malheur n’accède à rien, pas même à la connaissance de sa misère. » Antoine Spire
La mère des étapes.
La soirée l’ostello fut des plus singulières car c’était la dernière journée de travail, nous étions les derniers pèlerins. Selon eux, ils notent une recrudescence de pèlerins sur la VF.
La routine faite, pas grand chose à faire. L’ostello est perdu seul au milieu de la forêt. Le réseau tient au wifi car pas de réseau téléphone ici.
La nuit tombe et le froid se fait sentir, tout le monde ajoute une couche. C’est le moment tant attendu, le repas. Je ne sais pas si c’est à cause du dernier jour mais nous n’aurons que deux paninis à choisir dans une liste. Une boisson est offerte.
Bon, on s’en contentera, alors les discours pour refaire le monde vont bon train entre notre ami australien qui en veut à la CIA pour tous les malheurs du monde et Kim qui se demandent pourquoi il y a des traînes blanches derrière les avions en Europe, a priori ni en AFS, ni en Australie. Voilà le programme.
À la fin du « repas », nos hôtes nous offre un verre d’Amaro, liqueur italienne à base de café, mais il en existe plein de sortes. Ils veulent trinquer avec leurs derniers pèlerins, c’est très gentil.
Ils finiront par partir et nous laisser maître de la maison. Emilia se charge de tout fermer au cas où. Elle est incroyable.
Il est temps de fermer les yeux. Mes deux compères masculin restent à refaire le monde. Je fais comprendre à Bastian qu’il a une étape importante demain.
La nuit, bien que décousue, fut reposante. Le froid à quand même fait son œuvre. Le lit était trop petit pour moi alors mes pieds sortaient de la couverture et le froid me faisait me recroqueviller.
Il est 5h30 quand je me lève, ne pouvant plus dormir. Tranquillement je me prépare. Dans la salle, le bourdon Emilia est déjà en place mais elle me laissera tranquille, enfin presque.
Elle est surprise quand je luis dis à toute à l’heure, car je pars à 6h30. Il fait nuit mais je sais que j’ai un peu de route avant d’entrer par les chemins.
Alors en effet, de la route jusqu’au col della Cisa. Je récupère la VF et entre dans la forêt, en espérant voir le lever de soleil. Il n’en fut rien.
Pour commencer, il fait gris ce matin et la parcours dans la forêts me me permettra pas de vous quoique ce soit. Un chemin de montagnes russes.
Je retrouve la route et dans le virage, je vois Emilia. Par la route, elle va plus vite et me dit qu’elle prends la route car elle a mal au pieds.
Au revoir et je prends la VF au mont Cucchero. Un beau panorama s’offre à moi. Seulement les frelons ont investis la zone et rasent le sol en quête de proies.
Voilà 5 min de bonheur, et c’est la descente vers Previde. On passe de 950 à 450 par un chemin de pierres roulantes qui vous met les genoux à mal.
3h pour faire 11 kms, incroyable. Les cuisses chauffent. Je m’octroie une pause en empruntant la petite route qui monte vers Casalina.
C’est reparti pour un chemin médiéval explosé et qui nous tient pendant deus heures en montées et descentes. J’avoue que j’ai beaucoup de mal, je puise dans les réserve.
En parlant de réserve, plus rien dans le sac, je pensais que le petit déjeuner suffirait mais nos hôtes en ont décidé autrement. Ce matin m’attendait un sachet avec 2 biscottes, 1 pomme, quelques fruits sec, une confiture, 1 beurre. Pour la boisson café lyophilisé ou thé à la bouilloire. C’est un peu léger pour un petit dej payant.
Alors je tiens avec mes quelques fruits secs. Je referais surface au village d’Arzengio où je retrouve l’asphalte. J’aperçois Pontremoli.
Dans ce périple, je ne croiserais qu’un couple, américain je pense, jamais vue auparavant et la taïwanaise qui hier a retrouvé mon tour de cou chasse mouche. Je la remercie pour ce geste.
Encore quelques kms en descente pour rejoindre le centre, je suis dans un état pitoyable. Je m’arrête dans le café que je connaissais. Le patron me dévisage mais qu’importe. C’est le moment pour moi de décompresser. En fait quand il n’y a pas de logistique en route, je ne m’arrête pas. Ce fut le cas pour cette étape. Ça n’arrange pas l’état de fatigue.
En arrivant chez les capucins, je retrouve Guy, mal en point également, une douleur à la cuisse.
Les capucins nous accueille tôt, ce qui permet de commencer la routine. Guy et moi allons au supermarché faire le plein pour les repas et étapes suivantes.
En sortant, Emilia arrive, elle semble fatiguée, oui par la route c’est plus long mais elle nous explique des histoires de variantes …Pourquoi se justifie t’elle ?
Ce sera une grande routine car, j’ai même le temps de me couper les cheveux. Un bon repas préparé par mes soins et c’est le moment de se reposer.
Voilà pour cette étape mère, celle qui vous rappelle que vous n’êtes rien, qui vous donne une leçon d’humilité.
On verra demain les dégâts, direction Aulla , on est en Toscane maintenant bien que Pontremoli a eu une histoire mouvementé et serait issue du peuple ligure.
Merci à tous et toutes pour vos retours sur la suite du chemin. Je pèse tous les arguments que vous avez bien voulu partager. Je m’accorde encore quelques jours pour décider.
Total : 1681 kms
Photos :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgDP5Kvcx2DpTrSVV9i4mFIyAT8bS1TLFs-glpMmcOmDhR8


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