« L’esprit de l’homme accroît ses forces en proportion des difficultés que lui oppose la nature. Henri Bernardin de Saint Pierre
Le nouveau gîte de Felegara fut exceptionnel. Tout équipé et spacieux, il permet au pèlerin que je suis de bien dormir et de récupérer convenablement.
Ce qui permet de se lever à 6h frais, enfin presque. Tout seul dans cette grande salle, un petit déjeuner improvisé. Je perçois une odeur de tabac que je rattache à Emilia mais il semble qu’elle soit déjà partie.
Ça tombe bien, car j’ai besoin de faire ces étapes seul et pour celle ci je vais être servi.
En quittant, Felegara a 7h, on suit immédiatement le cours du fleuve Taro pendant quelques kilomètres. Suit la traversée par ce grand pont, saturé par les voitures.
Encore ce vertige quand je traverse un pont, il va falloir que je sache vraiment pourquoi je ressens cela quand je marche.
À fornovo, je ferais ma pause car après tout devient aléatoire. D’abord une belle pente pour le « monte della croce » pour se mettre en jambes.
Puis on redescend rapidement vers une route secondaire. Mais avant, je rencontre Yves et Christine, avec leur fourgon immatriculé 75. Tiens ! Des français au milieu de nulle part. Une vie de bohème semble t’il, elle fait et vend des poteries sur les marchés. Il est de Cassis et elle de Mont de Marsan. La discussion s’installe entre deux babacool et un ancien militaire pèlerin.
Il a fallut faire un peu de pédagogie mais j’apprends que chez les peace and love on peut être sectaire et arbitraire au nom de l’amour et de la nature. Intéressant. Tout est vanité.
Après avoir passé du temps avec ce couple bohémien sympathique, je suis le chemin sur de la route. Il fait déjà bien chaud.
Arrivé à Sivizzano, je passe voir le gîte où nous étions restés, il y a deux ans. La petite épicerie est même ouverte. J’ai besoin de rien mais je rentre pour constater que rien n’a changé. La dame ne me reconnaît pas car beaucoup de pèlerins passent ici. Je profite de cette opportunité pour une autre pause.
La suite je la connais, ça devient difficile. À Terenzo, très difficile dans un chemin pierreux. 200m de dénivelé en peu de temps.
Enfin ce sera une série de montées et descentes vers Cassio. De beaux chemins en forêt de pins. Des points de vue vertigineux et des descentes glissantes par les pierres et pommes de pins.
Ces montagnes russes vous épuisent les jambes. J’arrive à Cassio fatigué. En arrivant Emilia arrivait à peine.
Je comptais boire quelque chose mais aujourd’hui la pizzeria et le bar sont fermés. Alors heureusement que le gîte est équipé.
À ce bar, on retrouvera Philippe qui faisait sa pause avant de repartir pour quelques kms supplémentaires.
Le gîte. Une bâtisse ancienne rénovée, spacieuse avec une cuisine bien fournie en denrées de tout genre. 10 euros et vous prenez ce que vous voulez. C’est bien !
Ce soir, il y a Emilia, Sébastien l’allemand sauve de son ampoule et Kim, une sud africaine qui débute sa première étape.
La routine commence et on sait déjà où dîner ensemble.
Total : 1640 kms
Photos :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgDxhLW0COl-QL_2U8ly1JNyAS7DRZO4T7HELPVtwBXsi4I


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