Francigena 58 bis Orio Litta

“Les gens qui doutent d’eux-mêmes n’ont qu’un vide au centre d’eux-mêmes.”John Maxwell Coetzee

La nuit à l’Ostello Comunale Grangia Benedettina fut comme à l’accoutumée, décousue. La différence réside par la sérénité environnante. Meme si aller au wc a 1h30 du matin relève de l’expédition, cela reste anecdotique. Lever 6h45, comme pour un départ mais cette fois ci ce n’est pas le mien.

Lâcher un « train » de pèlerins avec lesquels on se sent bien n’est pas chose aisée. Un effort reste à faire pour prendre sur soi l’amertume d’une séparation. Ainsi le chemin façonne les âmes petit à petit.

Après un ultime au revoir à mes camarades, la journée commence. Oh pas très loin, je vais rester au gîte pour m’occuper du corps. Il faut bien car si la marche s’occupe de l’âme, le corps, lui souffre. Alors priorité au corps aujourd’hui.

C’est aussi le moment de revoir son sac. De se débarrasser du superflu, il en reste toujours. De le laver également avec toute cette sueur !

À peine terminé que le premier du train suivant arrive. Un norvégien. Graziella n’est pas là alors je fais office d’hospitalier. Je me rends compte que c’est un métier à temps plein. Entre le ménage, prendre les réservations et recevoir, elle n’arrête pas de la journée.

Arrivent ensuite un couple d’Allemands ,la taïwanaise et un néerlandais déjà vus en Suisse.

C’est un moment redoutable, car personne te connaît ou ne veut pas te connaître. Pour un stoïcien, c’est un exercice d’humilité, il en faut toujours car l’égo est une partie de soi comme un membre du corps, il faut juste l’apprivoiser. Le contraire n’amène que du vide.

Je prends mes repas au gîte avec les achats d’hier. Un espagnol avec sa femme arrivent en moto. S’adresse à moi. J’interromps mon repas. Un ancien pèlerin, lui aussi passé ici en 2024, refait le même parcours mais à moto. Curieux, j’en demande un peu plus. En fait, il était parti de Norvège pour rejoindre Rome. Il a rencontré son épouse sur le chemin et plus particulièrement ici à Orio Litta. Alors c’est pourquoi, il voulait remercier Graziella. Belle histoire. Ne pouvant pas rester, je servirais de messager.

Je trouve que j’entends trop parler du Nord de l’Europe …Est ce un signe ?

Une après midi au calme, je résous mes problèmes de réservation en Toscane. C’est un peu la Suisse de l’Italie au niveau prix et les gîtes ne sont pas nombreux et fameux. Il fait jongler avec les distances.

Enfin, Graziella me présente à un journaliste local. Il fait un reportage sur les pèlerins qui passent dans la région. Quelques questions et je suis sélectionné pour faire une vidéo. C’est parti pour une interview en anglais. Encore une nouvelle expérience du chemin.

C’est l’heure de faire un tour dans le village. L’église n’ouvre que pour la messe, dommage. Direction le bar pour une tranche de vie italienne. Je ne serais pas déçu.

Le dîner se fera au gîte puis se sera une longue nuit. Demain c’est la traversée du Po, seule attraction du jour. Après c’est l’approche de la ville de Piacenza qui est des plus hideuses. Arrivé en ville, je compte prendre le bus pour le centre. Pareil pour la sortie. Demain c’est un Acceuil religieux en self service en-dehors de la ville.

Photos: lumières du village

https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgC9gzXG6z3lT7S9Jnf7C4cMARhwrjlY-lrpW3faohrgyNE


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