« Endure et persiste ; cette douleur se transformera bientôt en bien. » Ovide
Après notre soirée dans le centre de Pavie, les 4 pèlerins traînent les pieds pour rentrer. On sait à quoi s’attendre.
À l’arrivée, encore beaucoup d’activités dans le centre d’accueil car il faut l’appeler comme cela.
Notre retour a peut être influencé les comportements. Après s’être préparés pour dormir, finalement on arrive à faire éteindre les lumières rapidement. Le calme revient et la chambrée, malgré les odeurs persistantes s’endort.
Un nuit médiocre, car certain ont une vie nocturne. Mon lit était dans le passage des toilettes. La discrétion n’est pas de mise. Mais bon j’arrive à dormir un peu.
Après plusieurs réveils nocturnes, celui de 5h30 sera le bon. Tout était prêt pour une extraction rapide et silencieuse. j’ai même le loisir de manger quelque chose avant de partir. Je laisse également à la communauté tout ce que j’avais acheté pour dîner hier soir.
6h30, c’est parti. Ce matin, il fait frais et il y a un peu de vent, c’est agréable. La première partie c’est la sortie de Pavia. Des rues et des boulevards. Puis on prends la tangente à Montebolone.
C’est la banlieue, des champs et des lotissements. C’est aussi l’heure d’embauche. Un trafic dense partout.
Ce matin, aucune envie de manger ou d’un café. Le goût amer de l’étape d’hier, le sentiment de ne pas avoir récupérer font que je marche.
A San Leonardo, des souvenirs avec Jetzabel remontent, elle m’indiquera elle même où il y’avait un café. Quelle mémoire! Du coup je m’y arrêterais pour la pause.
Ce sera la seule car après je trace, la marche me purifie l’esprit et le corps. En parlant de corps celui ci me rappelle que je l’ai négligé par un besoin naturel non assouvi au gîte. Tellement pressé de partir.
C’est maintenant que cela devient comique. Trouver un endroit dans la nature. Voilà une chose que le pèlerin doit savoir faire face en cheminant. Sauf qu’en Italie, pour trouver un endroit tranquille, c’est vraiment pas facile.
Première endroit, un bosqué après Belgioioso, en retrait de la piste pédestre sur laquelle je marchais … une voiture de la police hydraulique apparaît, oui ça existe, monte sur la piste et s’arrête. La personne descend et s’en va devant moi à pieds…
1 km plus tard, autre bosqué, un sentier qui descend vers un canal , je prends. En bas deux gars assis sur une chaise avec leur téléphone au milieu du bois . Scène surréaliste. Demi tour je n’en revenais pas…que faisaient ils ici ? Ils n’avaient pas l’air bien net !
1 km plus tard une carrière active, le chemin fait le tour, il y a plein d’endroits…sauf qu’un ULM tourne autour du site …
Bon on finit toujours par trouver un endroit mais ici c’est sport ! Le plus important c’est de ne laisser aucune trace.
Ce sont les vicissitudes du corps en chemin et les conséquences d’une mauvaise récupération. La promiscuité sanitaire est un problème pour beaucoup de gîtes. Peu de gens abordent ce sujet mais il est prégnant.
En tout cas, l’étape passe vite, rien à voir ou déjà vu, les deux sûrement. J’arrive donc de très bon heure et patiente au café du coin.
Un tranche de vie italienne. Ce sont les hommes principalement qui vont au café. On y trouve les actifs et les retraités. On boit un café et on s’en va. Il y a toujours de quoi grignoter quelque chose. Ceux qui restent sont les addicts au jeux; surtout de grattage et aussi les retraités qui jouent aux cartes, les autres regardent et surtout on a le verbe haut.
Il est l’heure d’aller au gîte, au même moment apparaît Luis. Un vieux monsieur nous ouvre, fait signer son registre et nous dit de nous installer. Rien de plus. Je n’avais pas souvenir de cela.
Quoique un peu vieillot, la demeure en reste pas moins idéale pour un pèlerin. En self service, une machine à laver, une cuisine… et des lits simples.
La routine commence. René arrive, c’était pas son jour qu’il nous dit …on en saura plus ce soir. En attendant j’arrive même à faire une sieste.
À l’issue, les réservations et enfin j’écris un mot aux sœurs pour leur donner mon sentiment avec toute la bienveillance qui s’impose.
Voilà pour ce nouveau tronçon qui commence, on va se diriger tout doucement vers les Apeninos.
Total : 1492 kms
Photos : pas du tout inspiré ce jour.
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