« Hier était le monstre et Demain sera l’ange ; Le point du jour blanchit nos fronts. » Victor Hugo
Une étape maléfique. La soirée a Garlasco était des meilleures. Une pizza, original non ? Oui mais dans celle où tous les locaux vont. Avec Luis, on s’arme de patience mais le résultat est à la hauteur.
Voilà qui clôture une soirée dans ce bourg. La nuit dans notre appartement fut tranquille. C’est l’esprit qui le fut moins. Toujours décousue, je suis maintenant réveillé à 4h sans véritable envie de continuer et pourtant.
Lever 6h30, préparation, petit dej puis départ 7h15. Luis me devance.
La sortie de Garlasco est rapide et encore une fois on se retrouve rapidement dans ces herbes détrempées. Cette fois ci changement de mode sans attendre. Bien m’en a fait car le chemin nous fait suivre un canal et en peu de temps les chaussures sont trempées. Arrivé à Gropello, c’est la pause. Rene me rejoint, il a ses sandales laminées avec le sable collé.
Le ton est donné pour cette étape. Elle sera collante, obstruante, piquante, chaude, humide … un petit enfer.
Après le bourg, il restera 15 kms de calvaire à travers cette zone humide du fleuve ticino. C’était normalement une traversée d’une forêt à l’ombre, cela ressemblera à un parcours du combattant.
Autre difficulté, les moustiques et les mouches, tout le long, au point de me faire sortir ma moustiquaire de visage. Même avec cela, c’est ensuite les branches qui s’accrochent, les troncs d’arbres tombés.
On pense que l’arrivée sur Pavie sera une libération, il n’en ait rien. La ville est infesté de ces petites bêtes.
En avance, je me pose un peu, enfin j’essaie car, en sueur, à chaque arrêt c’est l’enfer. Alors je joue avec mon tour de cou pour chasser tout ce monde.
Direction un café, pour respirer un peu. Une fois sèché, direction le gîte en passant par la supérette.
Il est 14h, Karl le néerlandais, arrive. On tente de rentrer et la sœur nous ouvre. Fiuff. C’est sa dernière étape.
Sauf que non, le gîte que j’avais connu il y a 2 ans a changé, non pas dans son infrastructure mais dans son organisation. Les pèlerins sont mélangés avec des non pèlerins. Le choc est dur et le dortoir qu’elles m’ont m’attribuée est presque plein.
Je prends très vite conscience que mon théorème de se reposer en escale en ville reste impossible. Je décide donc de changer mon plan et faire un jour de repos à Orio Litta. Petit village dont je sais que le gîte est très bien. Il faut donc reprogrammer deux étapes. 2h après ce sera fait. Demain je repars pour Santa Cristina.
La routine peut commencer. Difficile avec cette promiscuité mais on y arrive. Pas de sieste possible alors je pars en ville voir l’archange.
Me voilà à la Basilique San Michele Maggiore pour aller voir mon icône préféré. Un bon moment de recueillement pour essayer de comprendre cette étape …
Ensuite un petit tour dans la ville avant de rejoindre les compères. On finira par dîner ensemble pour un au revoir à Karl.
Voilà pour ce qui me semble la pire étape depuis le début. Il en fallait une. Je garde néanmoins l’espoir que ce soit la seule.
Total : 1464,2 kms
Photos :
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