« Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve. »Antoine de Saint-Exupéry
Une soirée comme on les aime. Un repas entre pèlerins, à notre rythme, des discussions avec la nuit tombante. Le carillon de l’église… Les chats qui passent ..
La nuit fut décousue tout de même. Luis a eu du mal à dormir, c’est sa première, bien qu’il ne veut pas l’avouer. Il s’est levé plusieurs fois et comme bon espagnol, il fait du bruit et ça réveille le français au sommeil léger.
Bref, au final tout le monde se lève à peu près pareil. À 6h30 debout, j’avale un cafe et quelques biscuits italiens que j’affectionne et 7h je suis parti. Luis est déjà parti mais il s’est levé à 5h30. Je ne sais pas ce qu’il a fait pendant tout ce temps. Mes deux autres camarades suivent derrière.
Quel bonheur de marcher à la fraîche, le soleil se lève et surtout pas de voiture, c’est dimanche, seul le chants des oiseaux.
Il faut profiter de ces petits moments car on sait qu’ils ne durent pas longtemps. En effet, une fois repris les chemins des rizières, deux choses. L’herbe qui vous trempe les chaussures en deux minutes et les chasseurs ! Nos amis !
Ce matin ça tire un peu partout. Alors on se fait voir. Ici aussi on se demande sur quoi il tire car quand on les croise ils n’ont rien. Bref voilà le décors pour la matinée.
Arrivé à Mortara, un grand bourg, je suis obligé de changer de chaussettes et me mettre en mode aquatique. Mon camarade néerlandais fera de même. Entre temps nous avons rattrapé Luis qui ne marche pas vite. Chacun son rythme. C’est aussi l’heure de la pause juste devant la gare. Une population très hétéroclite et populaire gravite ici. Du Sapeur du Congo à l’archétype de l’Italien mâle à la chemise ouverte avec les bijoux et les lunettes de soleil en passant par les miss Instagram du dimanche. Très amusant pour un bourg en plein milieu des rizières.
Ensuite c’est encore le désert des rizières jusqu’à Tromello. Retour du mode sec pour les chaussures car marcher sous 30 degrés avec chaussettes étanches, c’est pas top. Je profite du lieu pour une autre pause et finalement décide de manger quelque chose. Cela devait être un traiteur italien et ce sera finalement un chinois qui a repris. Ça fait drôle d’entendre de l’italien dans leur bouche.
Dernier tronçon sous la chaleur avec les passages à niveau pour vous aider. Il faut savoir qu’en Italie il abaisse longtemps en avance.
Le paysage change, on approche de Pavie. Plus d’arbres et de haie mais toujours du riz et des cours d’eau.
Direction le gîte communale, en passant dans ce grand bourg endormi , un marchand de glaces ouvert ! Après l’effort un peu de réconfort, c’est mérité !
Encore un gîte en self service. Ce soir, un appartement partagé avec Luis . Il y a même une machine à laver, j’en profite.
Nous sommes dans un immeuble avec une cours fermé. Ambiance italienne avec les TV en mode haut parleur, l’odeur du linge fraîchement lavé et toujours le carillon…
La routine, les réservations pour les prochaines étapes … Et normalement un petit dîner dehors avec Luis.
Demain c’est Pavie. Étape particulière car elle me permettra de faire la jonction entre Londres et Bari. À partir de Pavie je serais en terrain connu. Je pourrais m’arrêter là, cela aurait du sens mais j’ai besoin d’une reprendre ce tronçon jusqu’à Bari. C’est un tronçon où j’ai souffert en 2024 pour plein de raisons alors je souhaiterais pouvoir l’apprécier cette fois ci. L’avenir le dira.
Total : 1437,8 kms
Photos :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgA5TBaaEROJS6F1ZB4svdOjASmku432O-fnnf5ubBEvrt0


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