« Tirons notre courage de notre désespoir même. » Sénèque
Les jours se suivent et se ressemblent. Une soirée dans ce grand gîte avec un dîner communautaire, dommage que les hospitaleros ne parlaient rien d’autre que l’italien, ça ne facilite pas les échanges. Quoiqu’il en soit ce fut une belle soirée.
Nous étions 4 dans un dortoir de 8. Donc ça va pas de surpopulation. C’est une chance car ce type d’accueil est connu pour remplir un dortoir avant d’ouvrir un autre.
Franchement, je préfère largement l’organisation de Pont saint Martin, certes sans dîner mais au moins ils laissent plus de liberté. Question d’appréciation.
Je suis réveillé depuis 5h passée mais la chambrée ronfle encore. Alors je somnole jusqu’à 6h. Finalement je me prépare tout doucement. Le petit dej est à 7h00.
Ce matin ce sont les deux nouvelles hospitalières qui sont aux commandes. Une parle un peu l’anglais alors c’est un peu plus vivant.
Bouclage du sac et me voilà parti avant 8h. Une sortie de la ville insipide, la fin est marquée par le passage du fleuve Sesia.
C’est déjà les rizières. On retrouve également les fermes abandonnées. Ce sera une longue traversée sur une digue coincée entre la zone humide du fleuve et les rizières. Les moustiques et mouches sont particulièrement actifs ce matin. Je joue de mon tour de cou pour chasser ces insectes autour de moi.
Après cette zone, c’est Palestro, un grand village. Je ne comprends pas pourquoi la VF ne nous fait pas entrer dans le village. Il y à pourtant tout ce qu’il faut pour une première pause après presque 9kms.
Je retrouve le néerlandais Karl, pas sûr du nom mais ça lui va bien. Retraité de Total. On discute un moment puis il pars, c’est un solitaire également, il termine à Pavie.
La deuxième partie est similaire sauf que les chemins sont plus sauvages, plus étroits. Et pourtant moins de bestioles.
Je rattrape Karl mais pas question de bavardage, chacun est dans son fort intérieur. Ce qui est sûr c’est que la chaleur fait son effet. On est au dessus de 30 au soleil.
On arrive à Robbio après 20 kms. Je dois aller au supermarché pour ce soir car pas grand chose dans le village de Nicorvo.
Après quelques courses, je profite de la mini cafétéria pour avaler un petit plat .
Dernier tronçon, j’annonce ma venue et rendez vous à la cafétéria du village. Un village en perdition, beaucoup de maisons ont les volets fermés et pas à cause de la chaleur.
J’arrive à la cafétéria et c’est fermé, ça commence bien. Direction l’auberge où je retrouve Karl. On doit attendre 14h30 que la personne viennent nous ouvrir. Pas de problème. Rene le belge arrive peu après.
Enfin nous rentrons, une dame parlant anglais nous explique en 5 minutes comment gérer la maison. J’aime cela. Une maison à deux étages, on a le choix de s’étaler, une cuisine, une petite cours …une ambiance de village.
La routine commence puis tous les trois, on ira boire un verre à la cafétéria, qui semble être tenue par le mari. Entre temps un autre pèlerin arrive. Luis de Barcelone qui commence aujourd’hui pour seulement aller à Fidenza.
La cafétéria propose des plats à réchauffer pour ceux qui n’ont rien acheter avant. C’est pratique. Ils sont prêts pour travailler sur les chemins espagnoles.
Alors on s’organise pour un dîner ensemble, c’est pas l’heure espagnole mais Luis semble vouloir s’intégrer. Il a déjà fait beaucoup de chemins en Espagne et il est attiré par l’Est … Ça tombe bien.
Voilà une bonne soirée entre pèlerins dans un gîte self service et donativo. Que demander de plus.
Demain c’est à peu près pareil.
Total : 1408,2 kms
Photos
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