« Il faut estimer comme un bien le moindre mal. » Nicolas Machiavel
La soirée se termine donc à Châtillon sur de bonnes discussions avec Philippe. finalement nous ne serons que tous les deux dans notre petit dortoir.
Extinction des feux tardive, la nuit toujours décousue et réveil à 5h. Un peu froid à cause de la fenêtre laissée ouverte. Malgré tout j’ai dû me rendormir car c’est la montre qui me réveille; chose rare.
À 7h00 nous sommes prêts. Direction le café pour avaler quelque chose avant de partir mais aussi saluer Philippe et Nicole une dernière fois car il feront une étape plus courte.
Me voilà parti, sauf que j’adapte la sortie du bourg pour éviter les premières montées descentes juste là pour le fun.
Je récupère la VF à Saint Vincent, avec son casino démesuré en rapport au village.
Bien sûr, c’est encore un chemin de flanc de montagne, technique avec des pierres et des montées descentes à la pente à deux chiffres. Les jambes souffrent.
Une succession de petits hameaux mais un restera marqué; Chenal. Pourquoi celui là, parce qu’il est mauvais. Premièrement les gens ne répondent pas. Tous les chiens aboient férocement. Ce sera ici la première attaque de chien. Pas attaché et en liberté, celui ci me regarde sans aboyer et arrivé à sa hauteur perpendiculairement, je le regarde, méfiant à juste titre. Il baisse la tête d’un seul coup retrousse ses babines et se jette sur moi. Sauf que je l’ai vu venir et il est venu s’empaler le museau sur mon bâton. Il recule et aboie. Revient à l’attaque et là je lui assomme deux pics de bâton dans le museau ; ce qui le calmera.
Cela devait arriver et bien ce fut la. Pas de chance pour lui car je suis aguerri et ma volonté de leur rendre leur méchanceté est entière; quite à le tuer.
Après ce petit regain d’adrénaline, je suis content de quitter ce lieu. Le chemin continue ses montagnes russes. Les cuisses sont de plus en plus fatiguées et les genoux aussi. Je redouble d’attention car j’ai perdu en adresse. Les étapes de montagnes ne sont pas digérées.
La descente sur Torille est particulièrement douloureuse pour les genoux. Enfin arrivé à Verres, je prends une grande pause. 45 minutes. Je mange un bout et boit beaucoup. C’est la fin de la première étape officielle. J’entame donc la deuxième.
Après cette belle pause, c’est parti pour la suivante au profil très différent. C’est bientôt la fin des montagnes. Le chemin suit l’autoroute et se faufile entre les ouvrages d’art et la rivière. J’optimise la trajectoire mais des travaux m’empêchent d’atteindre la VF.
Je force le passage mais le chef des travaux me tombe dessus. Je lui explique qu’il n’a rien laissé d’espace pour les piétons seulement pour le trafic routier qui est dense à cet endroit. Une circulation alternée est en place. Alors je profite de ce dispositif pour passer.
Je récupère mon vieux pont du côté d’Arnad. À Bard, une forteresse surplombe l’entrée de la vallée d’Aoste.
Le village est joli et la vue sur la rivière est très belle. Puis c’est la descente sur Donnas. Je constate plusieurs personnes avec des dossards, on m’applaudit quand je passe … ce n’est pas normal.
Un trail longue distance, le tour des géants est en cours et je me retrouve dedans. Ou peut être l’inverse en fait.
Je passe Pont saint Martin pour aller presque à la sortie pour trouver l’auberge de la commune. Il faut attendre encore pour entrer. Je profite du bar des anciens juste à côté, en demandant la permission pour me désaltérer.
Arrivent un couple de français et un autre homme , tous plus âgés que moi. C’est la première fois que je les vois. En fait, en faisant ce genre d’étape, en France je ne voyais personne mais ici, je dépasse ceux qui font des courtes et rattrape d’autres. Certains sont dubitatifs de me voir ici.
En tout cas le gîte est très grand, bien équipé et très propre. Deux femmes sont là en permanence. Une pour l’accueil et l’autre nettoie au fur et à mesure de l’utilisation des installations.
Ce soir, malgré la présence des autres pèlerins, je suis seul. La routine est terminée et direction le supermarché pour faire un semblant de dîner.
Quand je reviens le gîte est désert. Pas grave, dîner en solitaire et au calme.
Après deux étapes longues, demain sera plus court pour Ivrea. Dernier dernier tronçon où le relief sera encore un peu présent.
Voilà pour cette étape de transition montagnes plaines. Tant mieux, les jambes pourront récupérer, enfin je l’espère.
Total : 1296, 2 kms
Photos :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgBxIUlL-NdXQqXh71oF8vYdAff8gNa5vBicIk4tjtbN1gQ


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