« Une heure d’ascension dans les montagnes fait d’un gredin et d’un saint deux créatures à peu près semblables. La fatigue est le plus court chemin vers l’égalité, vers la fraternité. Et durant le sommeil s’ajoute la liberté. » Friedrich Nietzsche
Bourg Saint Pierre, ultime arrêt avant le col. La soirée entre pèlerins tourne autour de cela, comment cela va se passer? , on sent une certaine fébrilité bien normale pour des non montagnards.
Alors après un reps, un de trop, chacun retourne dans ses pénates pour se préparer. La nuit fut décousue pour la part car trop abusé de nourriture. Habitué à un repas, deux et le voilà comme un hiboux dans mon lit.
J’arrive quand même à m’endormir et réveil à 5h sans vouloir reprendre du sommeil. Lever à 5h30 pour me préparer. À 6h00 une boisson chaude, un mini petit dej et départ à 6h30
Les premières lueurs du jour apparaissent alors même pas besoin de la frontale. La sortie du village est rapide comme la montée qui suit. Pas le temps de s’échauffer qu’il fait déjà pousser sur les cuisses.
On remonte par un chemin forestier qui nous emmène au barrage. Le paysage se découvre au barrage, plus d’arbres et le vent commence à souffler. Il est glacial. Ce matin il fait 5 mais le ciel est clair.
Une petite accalmie dans la montée à proximité du barrage puis c’est un nouvel étage qui débute. Cette fois ci par un petit sentier coupé par des ruisseaux.
On aperçoit l’entrée du tunnel puis notre sentier remonte sur la Pierre Saint Bernard où un groupe de marmottes habitent. Elles ne sont pas farouches mais ne se laissent pas prendre en photos. Le soleil arrive et réchauffe un peu le corps.
La troisième partie suit un peu la route historique. Dommage que des cortèges de motards perturbent la sérénités du lieu. Cette partie , au dessus de 2000 m maintenant est difficile, ruisseaux nombreux et pierres mordantes. Les chevilles travaillent.
On termine par le comble des morts, qui porte bien son nom, tout est stérile.
Une dernière pente pour arriver au col et profiter du vent glacial. Il fait 2 quand j’arrive.
L’altitude se fait sentir. Le souffle est court et le rythme cardiaque met plus de temps à revenir. Les derniers kms ont été ceux de la lenteur pour éviter de se mettre dans le rouge.
Finalement, pris dans mon effort, je ferais moins de 4h pour arriver au col.
Impossible de rester dehors , il faut se mettre à l’abris. Le café de l’auberge fera l’affaire. Il est 10h30 et on m’annonce que l’on pourra pas entrer avant 15h.
Heureusement le soleil arrive et me permet d’aller faire un tour, manger mon sandwich et voir arriver les premiers.
Du coup je reste avec eux au chaud, ça discute sur les impressions et la joie règne. Deux d’entre eux continueront. Il aura fallu le col pour que le groupe d’anglais s’ouvre enfin!
Voilà maintenant un bon groupe de pèlerins qui se connaissent et qui vont se croiser sur les routes italiennes.
Voilà la Reine de l’étape est faite, pour ma part en solo total et départ de nuit. Il le fallait. Un face à face avec ma foi.
Demain c’est l’Italie !
Total : 1204,3 kms
Photos :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgAr9GtE8ZOLRq1kwSPDPmXdAejVdgw058b1CTWLJHAgxaY


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