Francigena 44 Martigny – Orsières

« La peur est plus tranchante qu’aucune épée. Qui a peur de perdre a déjà perdu. » Georges R R Martin

Une soirée à Martigny paisible. Gourmand je suis retourné chez les Libanais Syriens pour dîner. J’ai fait le plein de légumes, tellement rares sur le chemin.

De retour dans la chambre de l’auberge, l’orage gronde déjà. Le ciel s’obscurcit. Peu de temps après, les premières gouttes tombent. La température est étouffante.

Je profite de mes installation de luxe pour me préparer. Toujours sur les pieds car il est nécessaire de garder un œil dessus car ça dégénère assez vite.

Voilà la nuit tombe et le temps change. Les vêtements de pluie sont préparés pour demain.

La nuit toujours décousue bien que la rue soit calme. Quelques coups de tonnerre et des averses de pluie ponctuent la nuit.

Réveil 6h30. Confortable, je serais bien resté un peu plus. Petit dej 7h après une douche pour me réveiller.

J’entends les conversations et je comprenais … c’était de l’espagnol, un groupe de marcheurs qui était là.

Départ 7h35, je me fais rattraper par la gérante, je n’ai pas payé la taxe de séjour. Un coup c’est compris dans le prix, un coup non… allez savoir ! Bref, très aimable on discute un peu. Du coup les espagnols me souhaitent « Buen Camino ».

Le temps est très chargé et quelques gouttes tombent. La sortie de la ville est rapide. Puis après avoir passé la voie de chemin de fer, ça grimpe de suite et fort. Un petit chemin forestier nous fait suivre la Dranse. C’est les montagnes russes, cuisses et genoux sont à l’épreuve.

On redescend ensuite sur Bovernier, en traversant la rivière sur un pont suspendu qui bouge bien. Entre temps, je rencontre Pauline et son frère.

À Bovernier, première halte dans un café. Les ouvriers du chemin de fer, en pause, m’interpellent par des questions sur le chemin.

Pauline et son frère arrivent enfin. Cette première partie est une belle mise en jambe, sportive. La deuxième encore plus !

C’est reparti, la pluie est plus dense maintenant. Il s’agit de passer la gorge qui va vers Sambrancher. La meilleure place est prise par la route et le train. Le pèlerin est relégué à flanc de montagne. Une série de montagnes russes dans des rochers et racines très denses. C’est mouillé, ça glisse et chaque pas est mesuré. La progression est lente car le risque de chute est grand. D’ailleurs une belle glissade m’a fait faire le grand écart à cause d’un rocher mouillé .

Heureusement que j’ai changé de chaussures, qui au demeurant, sont très bien. Aujourd’hui je suis en mode pluie. Donc j’enlève la semelle intérieure, une double paire de chaussettes, une petite pour le froid et éviter les frottements , l’autre étanche. Résultat chaussures mouillée, pieds secs. La chaussure n’ayant pas de membrane, elle sèchera rapidement.

J’arrive enfin à Sambrancher avec la sensation d’avoir dépenser beaucoup d’énergie. C’était vraiment sport !

Un petit café associatif me permet un instant de m’égoutter, d’être au sec. Des bénévoles sont là le matin seulement pour maintenir un peu de vie dans le village.

Après les avoir remercié chaleureusement, direction la destination finale Orsières. La pluie s’est calmée. Il faut encore grimper mais les chemins sont meilleurs. Les pentes sont prononcées mais ça se gère bien. La fatigue se fait quand même bien sentir.

On approche d’Orsieres par le haut pour redescendre sur le village, content d’avoir fait cette première étape.

Direction l’hôtel terminus. Il est 13h15. Je tente. Une camionnette charge des tas de bagages. On croirait la malle postale sur les chemins espagnoles.

Par chance la chambre est prête et on me laisse entrer. Super !

Une routine qui commence très tôt. La fenêtre donne sur la gare routière et ferroviaire. Je vois s’agiter bon nombres de personnes déguisés en randonneurs. Cela me fait penser que, à part, Pauline et son frère, je n’ai vu personne sur le chemin.

Mais bon, chacun fait son chemin comme il le veut ou plutôt selon ses peurs.

Je profite du restaurant encore ouvert pour me refaire des calories. La Suisse c’est cher mais la montagne Suisse c’est indécent.

Le restaurant est aussi plein de randonneurs, d’où viennent ils ?

Voilà une étape sous la pluie qui laissera des traces car rendue très difficile. Demain ça grimpe encore avec la promesse d’un chemin moins technique. À suivre.

Total: 1176,7 kms

Photos : J’aurai voulu en faire plus …

https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgCCfmGKCX8HR796R9jyGQBOAT7hVbAUxeE_m5pO54W2Pfs


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