« L’âme vile est enflée d’orgueil dans la prospérité et abattue dans l’adversité » Epicure
Après avoir renvoyer les affaires de camping, la soirée fut tranquille à Saint Maurice. Un dîner à la Turque puis retour en chambre pour arranger le sac.
Routine terminée. Il faut choisir entre fenêtre ouverte pour la fraîcheur ou fermée et c’est l’étouffement. Ce sera la première.
Je soigne mon pied droit qui a une éraflure sur le petit orteil, assez douloureuse mais surtout bien rouge. Alors c’est bain de Betadine. Le plus drôle c’est que je me suis fais cela avec mes sandales du soir.
Un endormissement rapide et une nuit assez décousue. Pourtant le lit était de bonne facture et seul dans la pièce. Voilà un moment que je me suis fais une raison.
Réveil à 4h à cause du vent fort. Comme la nuit dernière au camping. Malgré les bouchons j’entends volets et portes claquer. Pas de pluie en tout cas.
Ce matin lever à 6h30. Nos amis anglais font beaucoup de bruit et parlent forts. Ce sont les mêmes que j’ai vu débarquer par le train à Aigles.
Par curiosité je décide d’aller au petit déjeuner. Toujours pas d’interaction avec les religieux. J’essaie de me faire un café avec ces machines à déchets de chez Nestle. Le couple de français viendra me sauver de ce mauvais pas.
Un autre couple arrive, la discussion s’oriente vers la météo. Puis la dame s’exclame qu’elle prendrait le train demain car elle n’a rien à expier. Ça me choque ce raisonnement.
Pourquoi les gens pensent maîtriser leur vie comme des dieux ? Elle est soumise à la providence et que ce soit le train, la voiture, la maison ou même a pieds c’est la même chose. Alors pourquoi tant d’orgueil.
Bref, il est temps de partir, 7h30. Beaucoup de vent ce matin. La sortie est rapide. À la sortie, une chapelle dédiée à Notre Dame des martyrs. J’y entre, modeste mais l’ambiance est bonne. J’y reste un moment pour évacuer ce que j’ai ressenti à l’abbaye. En sortant une sœur balaie l’entrée. On discute un peu et le thème sera les peurs … très intéressant mais surtout cela a permis de ressortir de cette ville le cœur joyeux.
La suite, ça grimpe. C’est une passe entre deux montagnes. Tout y passent, autoroute, chemins de fer, lignes haute tension et pèlerins.
On arrive très vite à Evionnaz. Un arrêt à l’église sur mon chemin comme convenu. Vient ensuite la Balmat, partie la plus resserrée de la passe. Obligé de suivre la route. Une station est là avec un café. J’y ferais ma pause. Pauline me rejoint.
Ensuite c’est Pissevache, une belle chute d’eau. Le chemin suit ensuite le pied des montagnes dans une zone forestière et soumise aux chutes de Pierres. Ces bois sont les bienvenus car il fait lourd encore.
Dans les bois, je dépasse les trois compères de l’abbaye. Pas un mot. Un groupe très fermé a priori. Mais ce qui suit dénote bien un certain état d’esprit.
Après les avoir dépassé et pris la direction de l’accueil pèlerin de Martigny, j’ai senti leur présence derrière moi, ils me dépassent, ils ont mis le turbo pour arriver les premiers. Sauf qu’au dernier moment je change de cap pour aller vers l’auberge de jeunesse.
J’arrive à 12h30 et l’accueil est à 17h. C’est fermé. Pour tuer le temps, un restaurant libanais Syrien repéré un peu avant. J’y retourne et c’est une belle découverte.
Entre temps, un mail m’avertit que je peux entrer à 15h ! Voilà ce qui arrive quand on lâche prise.
Je m’installe à l’entrée de l’auberge, écris et prépare l’étape de demain qui sera sous la pluie manifestement. Il reste 3 étapes pour monter jusqu’au col du Grand Saint Bernard. Demain est la première avec 1000m de dénivelé positif. Les cuisses vont chauffer.
À 3h je récupère ma chambre, j’ai eu un peu de mal à entrer avec un digicode muet. Une chambre grand luxe ! Pour une auberge de jeunesse.
La routine continue en surveillant la météo.
Total : 1157,2 kms il semblerait que ce soit la moitié du chemin pour Rome.
Photos:
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