“La vanité repousse la bienveillance, la modestie l’attire.” Madame de Maintenon
Sport fut la soirée au camping la plage à Autet. La routine se passe bien quand un orage soudain s’abat pendant une demie heure. Le temps de ruiner ce qui restait de terrain, de ruiner mon lavage et d’installer une humidité qui perdurera jusqu’au petit matin. La proximité immédiate de la Saône n’arrange rien. Le clou du spectacle sont mes anciens collègues qui passent à proximité, c’est mardi soir et c’est vol de nuit.
Voilà le ton est donné pour une belle nuit. Juste à la tombée de la nuit je décide de changer d’emplacement et de me mettre a un endroit plus protégé et plus aéré.
Un couple m’interpelle sur mon bourdon en plein déménagement. “Vous êtes pèlerin ? Vous allez à Rome …” “ parce que nous y sommes allé déjà … Vous voyez le genre. Ce genre de vanité m’interpelle toujours, dois je étaler gratuitement mes expériences ou bien attendre qu’on me demande ? Bien sûr je recherche l’humilité en premier. Dans ce cas précis, je déménageais et quand j’entends qu’il a marché sur la via Appia avant Rome, trop c’est trop.
Je mets fin à la discussion en lui retournant ses approximations. Bref cet épisode marque la fin de la journée d’hier qui avait commencé en prière et qui termine par la vanité. Je traduis que le chemin ne peut qu’être spirituel si on souhaite voir son âme s’élever en paix. En stoïcien, c’est la paix de l’âme. Pour les autres, relire la phrase de Giono en ouverture de ce blog.
La nuit fut plus calme mais toujours sous une chaleur humide. La montre me réveille car je me suis vraiment endormi qu’au petit matin.
Un oeil dehors, brouillard, mes vêtements gouttent normalement sur l’étendoir. Alors on se rassemble un moment dans son esprit et on commence à remballer le camp tout mouillé.
Seule récompense, je me chauffe un café dans mon réchaud et bavardent avec les vaches qui se sont rapprochées de la clôture du camping.
C’est l’heure, en sortant du camping je croise mon joli couple. La dame me saluera et l’homme non. Heureux, je pars sur la route de halage le long de la Saône. Une chaleur tropicale avec du brouillard, incroyable.
Voyant que je ne marcherais pas dans l’herbe, je repasse en mode sec. Je traverse la Saône à Mercey et à partir de la cela remonte petit à petit. En quittant la vallée du fleuve, la brume se dissipe laissant place à un grand soleil.
Fort heureusement, je traverse plusieurs bois sur une route forestière jusqu’à Ste Reine. Ensuite c’est l’ancienne voie romaine qui est maintenant la D5.
Pas trop de circulation mais il faut être toujours sur ses gardes. Pourquoi ce sont les femmes qui ne s’écartent pas quand elle croise un piéton ?
Une pause à la chapelle st Quillain et retour en forêt. À la sortie du bois, je suis proche de la destination et le soleil est brûlant comme au temps de la canicule. Avec de l’humidité cette fois ci. Les derniers champs traversés sont infestés d’insectes volant en nuées.
Enfin l’arrivée, un passage a la supérette du coin, mal placée sur Google, 1km pour rien. J’arrive au gîte vers 13h dans l’espérance de faire sécher mes affaires.
Je fais le code pour récupérer les clés, pas de clés. J’appelle, pas de réponse. Ce se complique.
Il faut rester confiant. 5 min plus tard on me rappelle et 20 minutes plus tard je suis dans un très beau gîte associatif reçu par Véronique, la bénévole.
Il y a tout, un petit jardin dans lequel la tente sèche. Une machine à laver, du wifi..
Et puis je retrouve Elodia, la polonaise qui fait son chemin d’une façon que je ne comprendrais jamais.
Encore une étape singulière, demain c’est Besançon !
Total : 864 kms
Photos :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgAB3JUxORn0QJk4_hHq0UMdAYZFR8-uH60rm2GQoI62480


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