Francigena 24 Rosnay l’Hopital – Dienville

« Si l’on comprenait à l’aide de la raison comment peut être clément et juste ce Dieu qui fait preuve de tant de colère, à quoi servirait la foi ? » Friedrich Nietzsche

Il est des rêves d’étapes pour un pèlerin, hier et aujourd’hui chez Blandine et Jean Philippe, le pèlerin est comblé.

Ma soirée fut solitaire car mes hôtes avaient d’autres impératifs, ils m’ont laissé la garde de la maison tout en ayant préparé un beau plateau pour le dîner.

Ma garde fut de courte durée car je tombais de sommeil. Une nuit réparatrice a tout point de vue.

Ce matin, je m’accorde un peu de temps et nous prenons le petit déjeuner à 7h. C’est durant cette période, courte que je découvre mes hôtes. Un bel échange entre amoureux du chemin, chacun à sa façon. Je ne partirais qu’à 9h.

Juste après la photo, direction Brienne le château. Lieu chargé d’histoire napoléonienne notamment . D’ailleurs à peine sorti de Rosnay. Une stèle commémorative d’un bataille passé sur le pont de la Voire. 1814 ça sentait la fin déjà.

Le paysage change, beaucoup de gravières transformés en zones de pêches. Je suis de larges chemins zigzagant entre ces bassins.

De loin on aperçoit le château en ligne de mire. L’approche est longue. J’évite deux départementales à grandes circulations.

À l’approche je retrouve un peu de vie. Une petit supermarché ouvert. J’en profite pour reconstituer mon stock stratégique mis à mal pendant le désert .

Rien pour prendre une pause, pas un banc ou quelque chose pour s’appuyer. J’embarque mes victuailles et décide d’aller jusqu’au château.

Seulement le chemin ne me fait pas rentrer dans le parc du château. Il est emmuré. En fait tout l’ensemble est devenu un asile psychiatrique. Ah dans la « novlangue » on dit établissement publique de santé mentale.

Je trouve quand même un banc pour faire ma pause. Tant pis pour le château si cher à Napoléon.

En terminant le contour, la route est barrée par un arbre en travers. Ça n’arrête pas le pèlerin. Puis on entre dans le bois du défaut. Ça faisait longtemps que je n’avais pas marché en forêt. Ça fait plaisir mais aussi mal. Les dernières étapes sur ces longues lignes ont profilé mes jambes. Du coup il faut repasser en mode 4×4, les cuisses ne comprennent plus. Le corps doit encore une fois se réadapter à ce nouvel environnement.

À la sortie du bois, j’arrive à Brienne la vieille, connue déjà par les gaulois pour son activité sur la rivière Aube.

Je la traverse puis l’approche vers Dienville se fait par sentiers bordant la haie forestière délimitant la rivière. J’aperçois au loin les lacs artificiels et notamment celui d’Amance. Ces lacs servent à réguler la Seine pour protéger la capitale des crues. Ils forment maintenant le parc naturel régional de la Forêt d’Orient. Alors pourquoi Orient ?

Une chose amène une autre, il se trouve que le fondateur des templiers est de la région ; Hugues II de Payns.

Et les templiers avaient pour but de protéger les pèlerins qui allaient vers Jérusalem, donc vers l’orient. c’est comme cela qu’ils ont fait fortune d’ailleurs. Intéressant.

J’arrive à Dienville après une petite étape mais mes pieds me remercient. Il fait encore très chaud.

Je trouve même un café ouvert, Ouahh, j’en profite pour me désaltérer.

Enfin le camping 4 étoiles. Je suis en avance d’une demie heure alors j’attends. Le bureau est fermé officiellement mais les hollandais eux s’en foutent. ils sont reçus tout de même.

Je m’approche mais on me dit de patienter … je ne comprends pas !

Enfin on me reçoit pour me donner un bout de terrain en plein soleil. Le gérant ira chercher une table banc par la suite pour se rattraper; peut être.

J’installe la tente mais impossible de rester au soleil alors je vais à la rivière mettre mes pieds au frais. Avec nettoyage des pieds par les poissons !

Le temps passe et j’éntame ma routine. Dans la supérette, j’ai trouvé de la lessive en feuille, très léger. Testé et approuvé par le pèlerin.

Après la routine je trouve un coin d’ombre pour recharger téléphone et le reste. Je m’offre le luxe d’une glace.

Puis un homme parlant l’anglais vient me voir pour me demander si c’était moi le pèlerin. Il voulait s’installer sur la parcelle avec moi. Je ne pouvais pas refuser. Un autre pèlerin. Un américain, Paul, qui vit au bord du Misisipi mais au Nord.

Très vite nous conversons car c’est pas tous les jours qu’on rencontre un autre pèlerin. Il est parti d’Oxford mais il va être bloqué par 90 jours de visa touristique . Très vite, il me fait part qu’il est au bout. Il arrive pas à comprendre pourquoi c’est difficile ici, il n’a plus envie de marcher.

Alors quelques explications sur la culture française du dimanche, du jour férié, du mois d’août et de la paupérisation de ces régions.

En fait, ce n’est pas tant les difficultés qu’ils affrontent qui le mettent dans cet état mais en discutant, il est en colère après Dieu. C’est un croyant, il prie tous les jours et malgré sa ferveur et son engagement dans ce camino il n’arrive pas à rénouer une relation avec sa fille.

Pas facile surtout en anglais, de passer des concepts philosophiques mais j’essaie de lui ouvrir l’esprit sur le concept de l’amour, du libre arbitre, du divin et du terrestre et surtout sur le contrôle de sa propre convoitise.

Comme toujours, il n’y a pas de rencontre fortuite sur le Camino.

Je ne sais pas si mes paroles lui serviront mais elles étaient neutres dans ma bouche. Je lui ai transmis ce que j’ai appris et applique au quotidien.

Encore une étape singulière, qui marque un changement par rapport aux derniers jours.

Total : 675 kms

Photos :

https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgBNF4I6H4U7SINqZG77D8hNAa5nmEL4W_YG-LKOgt20Aao


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Une réponse à « Francigena 24 Rosnay l’Hopital – Dienville »

  1. Je vois que ta journée c’est bien passée dans l’ensemble Les paysages étaient moins monotones qu’hier Très jolies tes. Photos Gros bisous Maman

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