Francegina 16 Seraucourt le Grand – Tergnier

« Quand le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain. » Victor Hugo

Quand tout se passe bien, le temps semble passer vite. Installé à mon emplacement pèlerin, je profite des installations sans attendre. Pas la peine de faire 3 kms pour se restaurer, le petit restaurant est largement à la hauteur.

Toutes ces facilités me permettent d’aller dormir de bonne heure. Mais avant un couple cycliste d’allemand, installés en voisins, m’interpellent pour savoir si je faisais la Francigena. Eux aussi mais c’est la première fois qu’ils voyagent si longtemps et en vélo. On discute un moment et je leur propose de photographier mon livret pour qu’ils puissent trouver des hébergements.

La nuit fut agitée comme à chaque fois en camping. Cette fois, je pense que c’était un hérisson qui rôdait.

Ce matin lever 6h mais je ne partirais qu’à 7h30 car les pigeons ont décidé de faire de la tente un champ de tir. Ça commence donc par du nettoyage. Puis j’ai pris mon temps car c’est une petite étape.

Cette étape se découpe en 2 parties. À la sortie du camping je retrouve mes champs ouverts, blé coupés et betteraves. De la route, du chemin et surtout il fait déjà chaud et peu d’ombre. Du coup je ne traîne pas.

Je traverse deux villages et définitivement les gens ont perdu leur bonhomie, il n’y a plus de réponse au bonjour et le regard est fuyant.

À Montescourt Lizerolles, je longes la voie de chemin de fer pendant un moment sous le soleil. La récompense c’est les mûres qui sont à point. Un régal.

Puis en quelques mètres on passe du désert à l’ombre au bord du canal St Quentin.

À partir de là, cela devient beaucoup plus agréable. Cela me rappelle le canal du midi avec ses écluses. Tout est automatisé maintenant.

Pause obligatoire, dans ce milieu, seuls quelques cyclistes passent. J’observe les chasses de poissons dans les herbiers.

Après un bon moment je repars vers Tergnier ma destination. Je suivrais ce canal jusqu’au bout. En fait, il rejoint un autre canal de la Sambre à l’Oise.

Je croiserais mon chemin avec un couple de mon âge qui m’interpelle pour me demander si j’allais à Saint Jacques. Constatant leur enthousiasme, je délivre mon discours « apostolique » des chemins. Les yeux de la dames s’embrument et le messieurs prêt à partir. Nous nous saluons cordialement.

Le partage est devenu une chose essentielle pour ma part, il ne s’agit pas de vanité car je la contiens mais de susciter. Je vois bien la détresse, l’angoisse et surtout l’espérance qu’ils ont dans les yeux. L’âme appelle à l’amour et la paix et c’est vers cela que j’essaie de leur indiquer le chemin.

Arrivé à mon nouveau camping, accolé à une base de loisir aquatique, l’ambiance change de suite. Un vigile a l’entrée puis une réception qui commence par me dire que j’arrive trop tôt.

Je passe en mode persuasif et finit par avoir le précieux sésame. En plus je dois laisser 55 euros de caution pour le badge qui me permet de passer un portail pour aller à la cafétéria. Définitivement une autre région.

Je m’installe sur une parcelle sans ombre et vais directement à la cafétéria pour profiter de l’ombre et manger un bout.

Suit la routine, l’avantage de la chaleur c’est de faire sécher son linge rapidement.

Je m’installe enfin pour écrire et me reposer sous le regard hagard de mes voisin qui tournent au pastis et à la cigarette roulée.

Ce camping et sa base sont très populaire, pas beaucoup d’étrangers cette fois ci. Le passé de la ville ou plutôt ces différents bourgs qui se sont réunis, tourne autour d’une grosse histoire ferroviaire qui continue encore et quelques industries. Sans paraître condescendant, les dégâts de l’injustice sociale poussée à l’extrême se retrouvent dans le comportement de mes concitoyens. Je ne peux qu’avoir de la compassion pour eux.

Quelques temps après, deux cyclistes viennent s’installer à côté et surprise ce sont le même couple d’allemand qu’hier!

Le monsieur est tombé en chemin, j’ai le sentiment que leur chemin est celui de la croix. On discute encore un moment puis chacun vaque à ses occupations.

Une petite sieste, le Mexique se réveille …puis cents l’heure de redonner le fameux badge à 55 euros. Du coup je décide de tester la cafétéria juste à la sortie du camping.

Autre étape, toujours différente les unes aux autres mais toujours une leçon pour moi.

Demain autre étape courte avant la grande, on s’approche de Laon.

Total : 422,4 kms

Photos :

https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgDTSj-ALa7pRpesdCYYQ_-dATmKZHRJg6u_nIaN_dU4J_A


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2 réponses à « Francegina 16 Seraucourt le Grand – Tergnier »

  1. Super les paysages le long canal et de ton hôtel 5 étoiles ⭐️ au camping 😂apparemment sa se passe pas trop mal pour ta marche Bonne continuation bisous maman

    Aimé par 1 personne

    1. Je commence à m’y faire à ma cabane !

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