« Devons nous davantage craindre l’animosité d’un homme contre nous plutôt que les effets de notre propre haine sur lui ? » Saint Augustin
Après cette belle soirée à Arras et de retour a l’appartement, c’est le moment de tout préparer.
Arnauld ne veut pas partager le lit double et préfère que je lui prête mon matelas gonflable. Il veut faire camping !
La nuit fut courte et agitée, le café de l’après midi, pour tous les deux. Pour moi des moustiques pour avoir laissé la fenêtre ouverte et Arnauld a découvert ce que voulait dire dormir sur un matelas. En plus pas de duvet, juste un dessus de lit donc un peu froid.
Nous organisons quand même un petit déjeuner à l’anglaise à base de porridge, Arnauld ne semble pas prêt à partir à jeun.
En fait c’est une étape assez longue de presque 30kms sans ravitaillement. Il faut donc prévoir et pour Arnauld c’est assez nouveau.
Il est vrai que sur la plupart des chemins d’Espagne, la logistique est plus facile.
À 7h00 nous nous élançons … vers la boulangerie pour l’encas du jour car après plus rien.
La sortie d’Arras est assez banale par un grand boulevard. On peut noter le peu de circulation à cette heure, mois de vacances oblige.
Le Camino passe encore par de petits chemins entre deux champs de culture intensive et parfois quelques zones boisés d’une ancienne voie de chemin de fer.
Les premiers cimetières de la Grande guerre apparaissent. Toute cette zone fut m’objet d’âpres combats.
C’est avec une certaine émotion de signer et marquer un petit mot sur les cahiers de chaque cimetières.
Je m’aperçois que beaucoup de pèlerins de la Francigena s’y arrêté pour rendre hommage à toute cette jeunesse fauchée dans la fleur de l’âge pour le profit d’une société menée par des bien nées !!!
Alors oui se souvenir que cela ne doit plus arriver, certes mais aussi se souvenir que cela démarre toujours par quelques uns.
Il commence à faire chaud et l’ombre est rare. Arnauld me communique un joli message de Vincent et Catherine, ce sympathique couple qui nous a fait visiter la cathédrale.
Arnauld peine avec la chaleur, et arrives à Gomiecourt, un longue pause s’impose. Arnauld arrivera même à s’endormir. Ce temps permet d’en savoir un peu plus sur ce village dévasté par la guerre.
Nous repartons pour le dernier tronçon sous le soleil, on s’arrêtera au cimetière allemand, 1500 soldats y sont enterrés et l’ironie c’est de voir des sépultures juives de soldats allemands. Je comprendrais jamais pourquoi les peuples se laissent entraîner dans des guerres déclarées par une petite caste en l’occurrence celle de Guillaume 2 et le milieu aristocratique.
Enfin l’arrivée à Bapaume. Arnauld trouve le premier bistrot pour se désaltérer. Il ne lui restait pas beaucoup d’eau.
Puis le gîte, pour les pèlerins seulement, une maison rénovée par la mairie et une toute nouvelle association s’en occupe.
On rentre avec un code et on découvre une maison à étage avec seulement 4 lits. Oui petit gîte mais pour le reste il ya tout. Marc de l’association viendra gentiment nous accueillir.
La routine commence par faire des courses puis le reste. On ira finalement dîner dans une bonne pizzeria.
Voilà pour cette étape, pas très accrocheuses en terme de paysage, mais chargé d’histoire. Lisez l’histoire de Bapaume, ils s’y battent depuis l’époque gauloise!
Demain on continue sur le front vers Peronne, direction la somme.
Total : 342,5 kms
Photos :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgC3pq556rL7RblmVx5hGJtbAcOMpiv-F202WTAilqLmnAw


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