Francigena 2 Dartford-Badgells Wood

« Il y a dans la forêt des bruits qui ressemblent à des paroles » Jean Giono

La soirée chez Graham et Anne s’est déroulée en douceur. Après avoir pris mes quartiers, une petite chambre, la routine m’a envoyée à l’épicerie du coin pour quelques besoins logistiques, surtout pour aujourd’hui.

Je n’aime pas commenter les lieux où je m’arrête alors pour le prix certains diraient que ça méritait mieux mais pour ma part, c’était largement suffisant et la bienveillance des hôtes compensent le tout.

En tous cas, le petit déjeuner est superbe, j’aime les anglais pour cela. Enfin qu’on se le dise bacon et saucisses le matin, c’est pas mon truc. Le porridge, ça c’est bien pour un marcheur.

Je quitte Darford assez tôt, la ville est déserte, c’est dimanche. Je passe devant le supermarché que j’avais en secours au cas où, il ouvre à 10h. Content d’avoir fait mes courses hier.

Ma trace d’aujourd’hui est une adaptation, qui passe dans une trouée verte entre rivières et autoroutes. Les options sont minces et pas facile à planifier.

C’est parti pour des sentiers plus ou moins larges, qui suivent la rivière Darent, puis des lacs où quelques pêcheurs finissent leur nuit. C’est verdoyant, ce matin il fait nuageux et le vent souffle.

À partir de Horton Kirby ça se plisse et la piste fait place à de petites routes de bocage. C’est bien, je suis à l’abris du vent mais je ne vois rien. Oui sauf les détritus aux abords des haras. Le Kent est connu pour cela.

Quelques cyclistes en peine dans les côtes me saluent. À l’inverse les quelques voitures m’obligent à serrer pour passer.

Voilà 15 kms de fait sans m’arrêter. Aucun pub n’ouvre avant 12h. Pas de café dans le coin. Que faire? Quelques brèves pauses et continuer jusqu’à une ferme que j’avais repérée.

On retrouve la piste, le travers champs. Les pistes sont parfois difficiles à trouver, à cause du couvert végétal mais aussi coincée entre deux grillages de terrain privés.

On est à du côté d’Harvel à deux kms de ma destination, dans cette ferme repérée. Superbe, on peut boire et manger ! J’ai deux heures d’avance. Ce sera la grande pause.

Après cette pause rafraîchissante, les derniers kms se font sur la route, tant mieux car les hanches sont douloureuses au départ.

Aujourd’hui, c’est camping naturel au milieu des bois. Pas d’électricité, chiottes sèches et douches spartiates. Les emplacements sont très espacés et donc pas de voisin.

Seul les arbres parlent avec le vent qui continue. Ça promet une belle nuit de discours avec la nature. Enfin nature, au milieu du camping une trouée encore visible dans laquelle les fantassins de la deuxième guerre mondiale s’entraînaient à la guerre des tranchées. Déjà une guerre de retard. D’ailleurs toute la région étaient occupée par des batteries antiaériennes pour défendre Londres.

Le camping demande plus d’énergie car il faut s’installer, dès qu’un besoin se fait sentir, il faut se déplacer et le lendemain c’est l’inverse. Il y a du bon néanmoins, pas de promiscuité, pas de chaleur extrême, une sensation de liberté plus forte.

Voilà pour cette deuxième étape de mise en jambe. Rien de spirituel encore, quelques rencontres, plus par curiosité.

Demain cela devrait changer, en tout cas je l’espère. Étape à l’église !

Total : 56,2 kms

Photos

https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/IgAK483u89JAS5yxvzlFrPYpARr8rCPYSZ28toI2HlPhRuQ


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