« Le plus grand danger pour la plupart d’entre nous n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignons.” Michel-Ange
Une semaine après le retour, il est temps de faire un bilan de ce Camino del Norte.
Tout d’abord, pourquoi le Norte? Sa notoriété en fait le 4eme chemin le plus emprunté mais loin derrière le Frances et les chemins portugais. L’appel du large est souvent une motivation. Son ancienneté, puisqu’il serait le chemin original, avant le Frances, pour aller voir l’apôtre à l’abri des incursions des Maures et des brigands de Navarre ou Basque (cf: Codex Calixtinus). Malgré ses atouts, il traîne également la réputation d’emprunter beaucoup de routes et de paysages industriels.
Alors oui, il fait partie des incontournables chemin à faire. Tout ce que l’on raconte est vrai, l’océan, une façade atlantique magnifique, de beaux chemins …C’est également vrai qu’on y marche souvent sur la route, que l’on suit l’autoroute de Cantabria, que l’on rencontre des paysages industriels.
C’est également un chemin que l’on peut moduler à souhaits, de nombreuses variantes existent avec, entre autres, le Primitivo, le Salvador ou bien encore l’olvidado. Il existe également plein de petites variantes très locales pour mixer le chemin traditionnel aux chemins de grandes randonnées GR qui suivent les traits de côte.
Il existe donc plusieurs chemins del Norte, c’est avant tout une expérience singulière que chacun construit selon ses désirs.
En ce qui concerne les attentes de ce chemin, je reste à moitié conquis. Oui, on ne peut rester insensible à la nature, très belle dans cette région, non plus aux aventures humaines qui ont défiguré le paysage, tout cela forme les contours d’un pèlerinage mais.
Il reste le fond, le but, l’attente intime. De ce côté, je resterais sur ma soif. Compte tenu de l’ancienneté, je pensais trouver plus d’espace de spiritualité. Je n’ai trouvé que des églises fermées la plupart du temps, très peu de vestiges des anciens passages de pèlerins mais surtout un désintéressement des populations locales.
A titre de comparaison, le Frances m’a paru beaucoup plus propice à l’introspection, à la foi.
Quand on commence à avoir un peu d’expérience sur les chemins, il est vrai que tout cela n’est pas nécessaire pour entrer dans son moi intérieur et méditer, mais tout de même, les lieux de foi sont comme des repères, des balises qui permettent d’orienter, de guider, de motiver le pourquoi de la marche.
Alors oui, le Norte est un chemin de randonnée mais pas un pèlerinage.
Il reste tout de même, l’ambiance des chemins espagnoles. Le 4 eme le plus usité, alors il est normal d’y faire des rencontres. C’est la richesse de ces chemins, voir le monde entier marcher dans la même direction, avec le sourire et dans une bienveillance naturelle.
Il y’a les rencontres d’un jour, puis ceux avec qui on partage une semaine de chemin. Le partage, c’est aussi là, une force sur les chemins. Chacun vient avec sa vie et y cherche quelque chose. On n’a pas forcément les réponses immédiates mais souvent, à posteriori, des choses se débloquent, deviennent limpides et la vie continue.
Parfois un seul Camino peut suffire, pour d’autres, c’est une addiction. Une recherche perpétuelle de la Vérité.
Alors on donne, sans le savoir, des clés aux personnes que l’on rencontre qui permettent d’avancer dans la sagesse. Ce sera le cas pour ma part, j’ai eu le sentiment de partager beaucoup pour étancher une soif de spiritualité souvent perçue.
Ce chemin, organisé sur un coup de tête, à la suite du Primitivo, aura donc été une belle surprise. Un grand merci à toutes ces belles personnes rencontrées, à toutes celles qui m’ont suivies au travers de ce blog, à mes amis de toujours et à ma petite famille.
À bientôt car de nouvelles aventures se préparent …!
Je vous embrasse.


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