“Mais l’ennemi le plus dangereux de la vérité et du bonheur, c’est l’imagination ; c’est contre elle surtout qu’il faut être sans cesse armé” Marc Aurèle
29 eme jour sur le Norte
Après la routine d’hier, je suis resté à l’auberge. L’église était fermée ainsi que l’ancien couvent alors aucun intérêt à sortir. J’étais passé au supermarché du coin, j’entends par supermarché, l’équivalent des épiceries d’antan ou de nos grandes enseignes en ville. Eux ils appellent cela “supermercado”.
L’auberge a une cuisine en usage libre, je fais donc ma tambouille sur place. Puis ce sera une soirée très courte car j’essaie de récupérer au mieux en me couchant tôt car les signes de fatigue générale sont là.
La nuit fut décousue encore une fois, le ventre fait encore des siennes. À 3h je suis debout car je me sens pas très bien. Chaud , mal au ventre, tête qui tourne …J’arrive à me rendormir en pratiquant mes exercices de méditation.
Ce matin, ça va un peu mieux mais je décide de partir à jeun. À 7h00 je suis dehors. Le café que j’avais repéré est ouvert. J’hésite car je sais ce qu’il m’attend en terme de difficultés. Tant pis, je prends un petit déjeuner. Par contre, je ne prendrais plus rien de la journée. J’y rencontre Robert, un autrichien un peu plus âgé qui fait des étapes de 45 kms ! Je suis bluffé.
La sortie du village est rapide et par un sentier. Il faut la lampe car c’est trop sombre. Ça ne dure pas longtemps et au cimetière on retrouve de beaux chemins. Les premiers dénivelés sont avalés dans la nuit et la bruine; pourtant il fait chaud.
Jusqu’à Mondoñedo, la pente est relativement douce. J’y retrouve Michele et Gilles, au café. Le temps de les saluer car ce matin je marche lentement mais sans arrêt et surtout sans manger.
Le village sort des jours de fiesta et les forains sont encore là. Fiouff, je n’ai pas fait étape ici !
La suite, c’est la difficulté du jour, une belle montée de plusieurs kms à plus de 10%. De quoi faire monter le palpitant et brûler les cuisses. La montée se fait lentement mais en cadence. Au sommet on est à 677m. La brume est encore là et donc pas de récompense !
De beaux chemins suivent , qui resteront en altitude. Le soleil perce et on peut apercevoir enfin la campagne Galicienne telle que la connaissais; verte et vallonnée.
A Abadin, le dernier village, j’ai besoin d’une pause. Ça fait plus de 20kms que je marche sans arrêt. Une boisson et une part de Bizcocho, le cake espagnole.
Les derniers kms se rapprochent de l’autoroute mais les chemins sont beaux. J’arrive à l’auberge un peu en avance. C’est une ancienne maison joliment rénovée . À 14h, le tenancier m’ouvre et ainsi je peux commencer ma routine. Arrivé le premier, cela me permet de choisir. Les autres n’arriveront qu’une heure plus tard.
Voilà une belle étape, difficile mais qui vaut la peine. Une étape en solitaire, cela faisait longtemps. On commence à voir les pèlerins qui ne font qu’une centaine de kms. Demain, en effet, il ne restera plus que 100kms. Dans trois étapes le camino del Norte rejoindra le Camino Frances.
Total : 762 kms
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