« Faites ce que vous pouvez, avec ce que vous avez, là où vous êtes » Theodore Roosevelt
10ème jour sur le Primitivo: Longue, plate, Galice et chute.
Comment introduire notre étape d’hier dans cette auberge San Mateo. Oui, c’est une belle auberge moderne, propre mais. il y a un mais quand le village est en fête avec une chaleur étouffante. Cette conjonction de désagréments, de la sono jusqu’à 5h du matin et cette chaleur intenable sur des matelas en plastique; nous forçant à choisir l’un ou l’autre. Au final, 2 heures de sommeil !
Il est à peine 5h quand je me leve. Dans ce cas précis, je préfère me préparer pour marcher que de rester dans cet enfer. Je réveille Jetzabel, qui pareillement, n’a presque pas dormi. Une petite douche pour se donner du boost et puis départ dans la nuit après un café à la machine et un biscuit.
Ce matin, la brume est là. On arrive au centre du village, la fête vient de se terminer. Un amas d’immondices partout, de nombreux jeunes en état d’ébriété. Ce qui m’impressionne ce sont les moyens mis en place pour un si petit village de quelques centaines d’âmes.
Nous traversons ce qui reste du centre et rapidement nous voilà plongés dans la nuit noire et la brume. La frontale pour éclairer le chemin est nécessaire car maintenant nous cheminons sur la terre. La brume empêche de voir loin. On commencera par une montée pour changer, ce sera la seule difficulté et encore si on peut la qualifier ainsi.
Les premières lueurs du jour arrivent, nous sommes en descente quand Jetzabel chute. Plus de peur que de mal mais ce n’est jamais agréable. À part la descente rien ne pouvait présager cela. Nous continuons.
Le chemin serpente dans la campagne galicienne, des bois, des ruisseaux, des ouvrages en pierres sèches. On retrouve la Galice que nous avions connu l’année dernière mais sans la pluie.
Pour se ravitailler, il faut attendre 8kms à Castroverde. On y fera une belle halte pour avaler quelque chose de solide car après rien de répertorié. Tous les pèlerins s’y arrêtent.
À l’issue, nous continuons notre chemin au travers la campagne, c’est encore une bonne étape pour l’introspection. Hier je parlais de pleine conscience, c’est vrai que le terme est un peu à la mode mais surtout galvaudé. En le prenant au sens premier du terme, on se rapproche du sens que je souhaitais faire passer.
En arrivant au lieu dit À Agriña après 19kms, on y trouve l’Oasis. Une petite halte aménagée par un particulier. Il offre de l’eau et des fruits, poires, pastèque et melon. C’est donativo … on donne ce que l’on veut.
Après cette petite pause, on sait qu’il reste 12 kms à faire. Ça commence à tirer sur les jambes. L’approche sur Lugo est lente et pas très intéressante. Il fait chaud maintenant et le manque de sommeil se fait ressentir. C’est à 4kms de l’arrivée que Jetzabel refait une chute. Cette fois ci plus lourdement. Le genou a pris. Elle a cru que la cheville aussi mais fort heureusement non. C’est beaucoup pour une seule journée, sans compter l’effet psychologique d’une chute. À ce moment le chemin s’arrête là, on pense à appeler un taxi pour finir l’étape.
Elle recommence à marcher, puis chemin faisant, reprend confiance et souhaite terminer l’étape. Nos camarades espagnoles arrivent à notre niveau et lui remonte le moral.
On arrive à Lugo, direction l’auberge pour nettoyer tout cela correctement et reprendre des forces. Au moment où j’écris, Jetzabel se repose et parle de continuer … C’est tout elle !
Une étape à rebondissements, peut être la dernière, elle verra comment sont état évoluera dans les prochaines heures pour prendre la décision.
Total : 219 kms
Photos:
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/EscP1YhIKGpOlV2GE9oUHZoBaOqoEQ_YnA8Uyh2Grnxe8A


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