« Chasse tes désirs, tes craintes, et il n’y aura plus de tyran pour toi » Epitecte
186 eme jour sur le camino, Aurores, route, montagnes, natures, chaleur et solitude.
Après ma soirée pattes, je profite du coucher du soleil visible sur les montagnes voisines. Les bruits de la nuits arrivent et on entends au loin toujours ces maudits chiens. La soirée finit tranquillement puis c’est l’heure d’aller voir Morphée.
Un sommeil un peu perturbé, je n’ai pourtant pas rêver de chiens!. En tout cas, je suis éveillé avant que la montre ne sonne. Alors j’attends mais je m’aperçois que c’est une douleur dans le cou qui me réveille, comme un torticolis. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, un peu de ma faute, car ces derniers temps j’ai négligé les étirements. À suivre.
Routine du matin et la sortie se fait en même temps que le propriétaire. Compte tenu des étuis qu’il emmenait, c’est vers la chasse qu’il allait. En fait, je croiserais des chasseurs presque toute la matinée, plus en voiture qu’à leur poste, ça me va !
La sortie du village est une belle montée et d’ailleurs ce sera comme cela les deux premières heures car il faut remonter à 950m. Je croise mon premier chien dans le village et je mets en application ma nouvelle tactique. Pour lui ça marche, quelques aboiements c’est tout.
Dans la montée, une ferme sur la gauche, il fait encore nuit et j’ai mis la frontale. Il y a beaucoup d’élevage de brebis, succès indéniable de la Fêta. Cependant qui dit brebis dit chiens. Pas manqué, pourtant la ferme est à 100m en contrebas mais ils faut qu’ils viennent sur la route. Deuxième exercice, ça marche je passe. Je ne sais pas combien il y en avait mais autour de la route au moins 4 , puis il y en avait en contrebas. On croirait qu’il y a plus de chiens que de brebis. Comment font ils pour nourrir tout ce monde ?
Après cette épisode, je grimpe je grimpe, les premières lueurs du soleil sont là et le spectacle est très beau. J’emprunte la route et encore une fois je suis surpris, il n’y a personne. Toute la route m’appartient et j’en profite. Ce sont des moments uniques.
La montagne se dévoile au fur et à mesure que le soleil arrive. Plus de chien, plus de voiture, je m’arrête même pour écouter le silence.
Sur cette étape pas de ravitaillement. Il y’a bien un village mais compte tenu de l’heure à laquelle je passe tout est fermé. Seul un chien veillait à la porte du village. Même tactique, ça passe.
Je suis bien content de ne pas avoir laissé un euro dans ce village car quelques centaines de mètres plus loin, ils se permettent de détruire ce qu’ils ont de plus beau, leur environnement, avec une décharge à ciel ouvert. Europe 21eme siècle !
Après ce village on redescend et on aperçoit le premier lac de Petres. Ça remonte ensuite pour quitter la province de Flórina pour celle de Pella. Une ferme sur la droite en bordure de route . J’en aperçois deux mais aucune réaction, j’aime.
On est toujours en montagne, la forêt se rapproche des bords puis c’est une longue descente vers Arnissa. Il y a quelques voitures qui passent maintenant et à chaque fois on me salue ou klaxonne aimablement.
Dans la descente on aperçoit le lac Vegoritido, beaucoup plus grand et une plaine dédiée à la culture des fruits. Il y en a partout. J’en profite pour faire mon marché. En plus , un pickup s’arrête à ma hauteur, l’homme m’appelle et m’offre des fruits. J’ai le sac qui doit faire 20kg maintenant.
À l’entrée du bourg, un chien, je ne le calcule même pas. Je m’arrête au premier bistrot pour manger un sandwich et boire. La dame me pause plein de question, la France , Paris, j’aimerais, marcher oui mais j’ai peur … on en est tous là.
Je suis en avance alors je m’attarde un peu dans ce bar. Puis comme d’habitude, je tente. En chemin, encore un homme qui veut me donner des fruits, je le remercie vivement mais je n’ai plus de place.
Aujourd’hui l’étape se fait à l’établissement Guesthouse 4 Seasons, il n’y a pas beaucoup d’alternatives non plus. C’est encore une maison habitée par la famille qui loue des chambres.
Le premier contact avec la dame est assez froid car elle voulait garder mon passeport pour être sûr de récupérer ses clés. Il n’en sera rien. La chambre est sans Clim, c’est un peu limite surtout que l’on repasse la barrière des 30 degrés allègrement en ce moment. Pour le reste c’est de bonne facture. Pas de kitchenette alors on verra à l’extérieur.
Routine et une sieste bien profonde. Je tombais de sommeil. La fatigue et la chaleur qui n’en finissent pas font que même le sac à dos me fait mal. Je le règle encore et encore mais j’ai les trapèzes endoloris. Quand j’appuie ils me font très mal. Alors je masse, j’étire …
Après cela, c’est l’heure de la sortie vers la supérette. On aurait cru, une de l’époque soviétique avec les rayons vides et quelques bricoles. Je trouve quand même des yaourts pour demain et de l’eau. Même les biscuits il n’y avait pas grand chose. Par la suite je me suis aperçu qu’il y avait d’autres supérettes.
J’e profite pour dîner, le tenancier me demande d’où je viens et toutes les questions habituelles. Je réponds mais ici il ne faut pas dire Macédoine du nord mais Skopje, car les habitants ne reconnaissent pas le pays. Je n’ai pas senti cela en Macedoine. Pourtant les deux revendiquent l’histoire commune et cultivent une nostalgie de la grandeur passée. Les hommes n’apprennent pas.
À la fin de mon repas, au moment de payer, j’ai le droit à une autre série de questions. Il est vraiment t très intéressé. À la fin, il m’offrira une bouteille de jus de fruit en me souhaitant bon chemin.
Voilà les amis, une belle étape comme on les aiment, nous les pèlerins. Pourvu que cela dure. Demain Edesse.
Bises d’Arnissa 😘
Voici le lien du jour :
https://1drv.ms/a/s!Al6c5B6JHyGuhNVecyWNUOsAob8O4A
Total : 3551 kms


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