“La vie est une longue leçon d’humilité.”
179 eme jour sur le Camino; aurores, lignes droites, situation bloquée et humilité.
La soirée à Cerrïk fut tranquille. Pas besoin de sortir, l’endroit possède une terrasse jardin , hors de la rue. On peut y boire un verre et dîner également. Le personnel est très aimable. La routine faite, une toute petite sieste car les obstacles qui viennent me prennent de l’énergie.
La nuit fut belle et mon réveil en même temps que le muezzin de la mosquée à deux pas de l’hôtel. Préparation rapide, ce matin quelques gâteaux en guise de petits déjeuner et c’est le départ.
C’est une étape de transition, vers un nouveau programme. Je sors de la ville endormie assez rapidement et profite pleinement de ce moment de tranquillité. Il fait frais, les conditions parfaites pour marcher, alors marchons.
En fait, je ne m’arrêterais qu’à l’arrivée. En attendant, de longues lignes droites sur route à travers cette plaine alluvionnante pleines de cultures et de canaux d’irrigation, qui se ressert au fur et à mesure de l’approche d’Elbasan.
Puis c’est la banlieue, et paradoxalement, les routes deviennent défoncées, les poubelles apparaissent, les cloaques et leur odeur putride, les Mercedes croisent les chèvres, bref le classique des approches de ville sur lesquelles, les centres villes aseptisés trônent.
Je ne les comptent plus, c’est toujours le même scénario à l’entrée et la sortie alors je suis dans ma bulle, conscient mais stoïque.
Au moment de passer la rivière, un autocollant du Jerusalemway, le voir me remplit le cœur et boost ma volonté, et il en faut.
L’entrée de la ville est une série de boutiques en tout genre, débordants sur le trottoir, cela me rappelle un peu le Mexique. Je m’arrête dans une ferronnerie pour trouver de quoi bloquer le pommeau de mon bourdon qui se deserre. Pas la bonne boutique !
Je fais un détour par la gare routière toute proche. Un grand parking en terre dans lequel les minibus et bus sont en vrac. Une gargote officie pour ceux qui attendent. Je tente car j’ai maintenant faim. Du riz pilaf et des boulettes de viande pour le petit dej c’est pas mal et c’est bon. Une fois que tout le monde s’est habitué à ma présence, à la fin du repas, je discute avec les jeunes tenanciers pour savoir comment ça marche tout cela. Je repars avec mes informations.
Ensuite j’arrive dans le centre, la vieille cité dont les remparts sont bien conservées. J’arrive à mon gîte c’est une maison, à l’intérieur des remparts, avec plusieurs chambres et une cuisine commune avec machine à laver ! C’est un peu comme en Italie.
Cela s’appelle « Villa Zoi A Stay to Remember I Elbasan Castle » et la différence réside dans l’accueil que me réserve Mikel et son épouse. Deux jeunes, dont le passé est à l’étranger et qui vienne d’ouvrir l’établissement, refait à neuf et de très bonne facture.
Mikel me parlera de sa ville et de pleins d’autres choses. Il est très curieux du vécu de pèlerin au long cours que je suis, sur le plan humain. Difficile de répondre avec profondeur, je n’ai pas ce registre en anglais. J’essaie.
Alors commence la routine, enfin presque car je suis bloqué pour la suite, avec la chaleur insupportable, qui me fait dévier de la trace, les travaux sur l’itinéraire bis et les hébergements qui ne répondent pas aux messages laissés. La situation est bloquée.
Que faire, une sieste. Bien m’en a pris. Ce voyage comporte plusieurs phases sur l’âme. Je l’avais expliqué par la métaphore du diamant. J’ai commencé la taille depuis plusieurs semaines mais maintenant je suis sur des points durs. Il y a des facettes de ma personne qui n’ont pas encore été touchés par ce chemin. Et aujourd’hui ce fut le cas.
La situation s’est débloquée à partir du moment où je prends le téléphone et j’appelle les gens directement. Cela peut paraître simple, mais j’ai toujours détesté le téléphone. Je préfère le contact direct et je n’ai aucun problème de parler avec quelqu’un, même ici en Albanie. Mais le téléphone.
Voilà donc une leçon, la providence sur le chemin se moque des choses terrestres mais elle influence votre savoir être. Alors que j’étais prêt à revenir sur Tirana pour passer en Macedoine directement, la sieste m’a ouvert l’esprit. Le problème c’est moi.
Bon pas que, car l’obstacle naturel est bien là. Alors je m’adapte et demain le plan c’est de prendre le bus dans la gare routière vue ce matin, c’est déjà une aventure, puis d’aller jusqu’à Prrenjas, dont je sais que dimanche je trouverai un lit. Et de là reprendre la marche. Finalement dimanche est un jour de repos !
Voilà les amis, encore une journée d’adaptation et d’humilité. Demain sera un autre challenge, pour le moment profitons de bel endroit.
Bises d’Elbasan 😘
Voici le lien du jour :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/Ql6c5B6JHyEggK6AKQEAAAAA8YWD0c7ABq95mA
Total : 3423 kms


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