Albanie 3 Durrës – Kavajë

« L’adversité rend aux hommes toutes les vertus que la prospérité leur enlève » Eugène Delacroix

176 eme jour sur le Camino; Aurores, plage, route, chaleur et challenge.

La nuit fut réparatrice après celle sur le bateau. Un peu de bruit à cause de la proximité de la plage mais pas besoin des bouchons. Réveil 4h20 pour un départ à 5h. J’ai même eu le temps d’avaler les yaourts que j’avais acheté hier.

Je descends et là, un type à la porte, ouverte à ma grande surprise, jeune, en état d’ébriété. Il me baraguine des choses, je ne comprends rien mais il me fait signe de dormir. Ma consigne était quand je sortais, je devais déverrouiller la porte et sonner pour que le gérant referme après moi. Je sonne donc. Après un petit moment le voici, me voit avec le jeune, baragouine et le repousse violemment, le jeune s’en va en pleurs. Voyant que cette situation me contrarie, il retourne voir le jeune, lui parle mais s’en va quand même. Nous nous saluons mais j’ai pas tout compris de la situation, trop de scenarii possibles. Bref, cela commence bien.

Il fait encore nuit quand je m’élance, il fait bon et j’ai les plages quasi pour moi. Quelques badauds et il y a encore des bars ouverts, les serveurs sont affalés espérant que leur service se termine. Je suis le trait de côte, plus ou moins bien aménagé, mais possible.

C’est donc une succession d’hôtels, de bars et tout ce que l’on peut trouver sur ce genre d’endroit. Juste quelques blockhaus de l’ère soviétique sont encore visibles.

Il y a un endroit où l’on doit passer par la route car c’est une zone gouvernementale et militaire. Eux aussi ont droit à leur morceau de plage.

Puis à nouveau pareil. Ça dure une bonne dizaine de kms. Je profite pour m’arrêter boire un café et manger un truc. Sauf que pour manger, il n’y a rien. Nouveauté et quand ils proposent un croissant, c’est un truc industriel , enveloppé. Donc non, mais j’ai du le payer.

Me voilà arrivé au bout de ce que je pouvais faire sur la plage, je dois prendre le tracé de la via Egnatia, c’est à dire la route vers Kavajë. Marcher sur cette route est impensable, c’est une autoroute, il faut donc jouer avec les parallèles.

Maintenant c’est plus un paysage de campagne, il n’y a plus d’ombre mais c’est tenable, plus facile qu’en Italie je trouve.

J’approche de Kavaje, les routes et chemins n’ont pas beaucoup de circulation mais ici le piéton n’a pas la priorité. La dernière ligne droite pour rentrer dans le centre est beaucoup plus animé. Les trottoirs sont défoncés, je marche dans le caniveau. Je passe devant l’hôtel la plus chère, qui reste une option pour ce soir, mais je tente le mode pèlerin. Direction le centre. Mais avant j’ai faim, ça fait 20kms que je marche avec seulement mon yaourt du matin. Je sens le pain chaud et je tente ma chance dans une boulangerie. Avec le langage des signes, on se fait comprendre. 4 petits pains aux olives, délicieux.

La ligne droite qui mène au centre est bordée de boutiques, d’ateliers, de garages, d’artisans et de cafés; d’où les hommes en nombre vous regardent. Par contre le regard est fuyant, je fais un signe de la tête mais ici on ne se salue que quand on est familier. Alors bon c’est comme cela.

La mosquée est visible de loin et la place qui lui sert de parvis est un énorme rond point avec des cafés, des administrations. La police y est très présente. Les cafés sont bondés d’hommes. Mais que font ils ?

Petite frayeur avec le téléphone qui ne voulait plus se débloquer. C’est la première fois qu’il me demande d’attendre 15 minutes pour ressayer de m’authentifier. Je m’assois et respire car c’est pas le moment qu’il me lâche. Ces minutes furent longues. Le téléphone ou plutôt l’assistant personnel est un élément stratégique pour ce type de voyage. Bien que toutes les données soient sur un Cloud, il me sert de GPS, d’appareil à photo, de balise, de téléphone bien sûr, de liseuse … À mon sens c’est bien d’en avoir un qui tienne la route.

Me voilà au centre, je récupère l’usage du téléphone, ouf! Et maintenant il faut trouver un logement. De tout ce que j’ai lu, Kavaje n’est pas facile mais c’est un challenge.

Je tente la chance au café hôtel Balkan, c’était mon choix 1, et bien mauvaise pioche, pas de place un tournoi de foot en cours, on me dit que dans le centre je vais facilement trouver. Ok je prends.

Direction le deuxième choix dans le centre Hotel Bar Restaurant El-Li. Il n’existe plus. Ok, là maintenant ça se complique un peu.

Je m’assois à un café et passe en revue les autres solutions . L’hôtel chère mais je dois revenir 2kms en arrière. J’aime pas le mot cher et revenir.

À deux kms au sud, au bord de l’autoroute, une station qui fait hôtel mais pas moyen de les contacter.

Enfin à 8kms plus loin dans mon sens de marche un autre hôtel au bord de la route. Celui est joignable, je tente ma chance. Bingo il me répond qu’il a de la place. C’est la première étape, ensuite, conseil demander de confirmer la positon de l’hôtel car Google n’est plus votre ami fidèle.

Tout est confirmé, je peux reprendre la route pour 8kms sous une chaleur torride. Voilà pourquoi toutes ces précautions.

J’arrive à l’endroit, personne, tout est fermé. Un petit message pour dire que j’étais arrivé. Un simple ok.

De toute façon je ne bouge plus. Au pire il y a de l’eau dans le jardin et de l’ombre avec du vent. À 200 m en amont il y’a une station service avec épicerie et cafétéria. C’est acté.

En fait 15 minutes plus tard, un jeune couple avec 1 enfant arrive en voiture et m’ouvre l’hôtel en s’excusant car il a un autre travail. On me demande de patienter encore un peu car la jeune femme va voir si la chambre est bien prête. Je lui demande une bouteille d’eau, qu’il m’offre.

Peu de temps après, je récupère la chambre, simple, un peu vieillotte, mais pour 15 euros et 40 degrés je vais pas chipoter. Il y a une Clim qui fait ce qu’elle peut avec cette chaleur . Une fois installé, les jeunes repartent, j’ai l’impression d’être seul dans l’hôtel.

Avant de commencer la routine, je pars me substanter à la station et acheter de l’eau car bien sûr le restaurant est fermé. A la suite, la routine du jour peut commencer.

Voilà les amis, première étape en terrain inconnu, à part la nouveauté, rien de joli à mes yeux, ni la plage saturée d’hôtels, ni le chemin au bord de la route. Des gens pas très aimables alors il faut bien avancer, le pèlerin ne reste pas. En tout cas merci à la providence pour ce challenge du jour avec toutes les leçons que cela comporte. 🙏

Bises de Kavaje 😘

Voici le lien du jour :

https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/El6c5B6JHyEggK7uKAEAAAABTrAllArwi3q9BrZZ6_0A-A

Total : 3357 kms


En savoir plus sur JerusalemCompostelle

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

2 réponses à « Albanie 3 Durrës – Kavajë »

  1. salut en effet ça donne pas envie !!
    Plutôt hostile la population !
    après comme tu dis le pèlerin passe et bien passe vite 😉 j espère que les prochaines étapes seront plus sympas !! À++

    Aimé par 1 personne

    1. Oui j’espère, on va dire que c’est la plage qui fait cela !

      J’aime

Répondre à Anonyme Annuler la réponse.

En savoir plus sur JerusalemCompostelle

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture