“Notre homme extérieur dépérit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour” Saint Paul
175 eme jour sur le Camino; Bateau, adriatique, culture et adaptation.
Hier après l’embarquement, je suis resté sur le pont en voyant Bari s’éloigner pour finir en un point lumineux. Le noir de la nuit sur l’Adriatique nous entoure, seules les lumières blafardes du bateau tourmente ce spectacle.
Je suis là sans être là, tout ce qui m’entoure est étranger, complètement nouveau, je ne suis pas acteur dans ce monde, je suis un pèlerin, je passe et m’enrichis. C’est dans ces moments là aussi que l’on se dit: Ah oui, je suis en train de le faire!
En fait, les kms parcourus, la préparation mentale et surtout la foi font que vous vous sentez bien. Bien, dans le sens que vous êtes très conscient de l’instant présent. Vous n’êtes pas submergé de peurs ou bien de désinvolture. Non vous êtes Là au bon moment au bon endroit, en phase avec votre vie.
Les heure passent et les gens tournent sur le pont, mangent, discutent mais surtout fument. Presque tous les hommes fument!
Puis, je suppose, à la fermeture du bar et du restaurant, tout ce monde trouve un endroit pour dormir, enfin je veux dire pour ceux qui n’ont pas de cabine. C’était un choix.
Je décide de rester pour m’installer sur le pont avec mes équipements mais c’était sans compter l’air qui s’est saturée d’eau. Tout le pont goutte maintenant, le sol est glissant, la peau poisseuse. Pas question de sortir le matériel dans ces conditions.
J’ai sommeil et décide de rentrer dans ces grandes salles, à ma grande surprise elle n’était pas climatisée. Je m’installe entre deux bancs. Les bouchons d’oreilles et hop, Morphée m’a emporté. La chaleur de l’endroit et l’humidité qui parvient à rentrer me réveille, il est 4h du matin.
Je décide de plier le campement et retourne sur le pont. Ces deux heures m’ont fait du bien mais je sais que je ne pourrais pas enchaîner 30kms au soleil en arrivant. D’où mon choix de prendre une nuit à Durres.
Il est 5h , l’Aube commence à poindre, je suis en admiration, puis se dessine la côte et les montagnes. Je suis ému, mes yeux s’embrument.
Tout se passe très vite ensuite, le bateau est réveillé par des annonces. Le pont se remplit de nouveau, ça fument !
Nous entrons dans le port, par une manœuvre de demi tour et c’est le débarquement. Plus ordonné que l’entrée, on nous guide vers la sortie direction le terminal pour piéton. Là, ce sont les contrôles de police, voire de douane. Pour ma part, je n’y ai pas eu droit.
Et voilà la sortie, enfin presque car le halle d’entrée est presque exclusivement pris par les revendeurs, très jeunes, de forfaits téléphoniques. No thanks !
La sortie par la ville se fait par une passerelle juste à droite du terminal, en sortant. On la suit, une dernière barrière, puis là c’est un autre monde. On y est !
Première objectif, trouver des LeK, je me dirige sur une première banque, pas de chance le distributeur fait les opérations mais pas d’agent qui sort ! Oups.
Je regarde sur mon application de ma banque pour voir si la transaction a été enregistré ; non ! Première frayeur.
Je réitère l’opérations deux fois à deux endroits différents avec des sommes plus modiques. Ça marche. Enfin.
Puisque je suis en ville, je décide de faire mon tour de visite. Je me sens bien, mais avant, il faut prendre des forces. Plusieurs cafés “fancy” à côté de la tour vénitienne me font de l’œil. Pour moins de 10 euros, vous avez un tres bon petit déjeuner. Pourtant je confirme que l’endroit est branché car il donne sur un boulevard très huppé.
Mon tour se poursuit par l’amphithéâtre romain, surtout ses fresques paléo chrétiennes, le forum byzantin, puis un tour dans la ville. Ce ne sont pas de grands monuments mais c’est l’ancienne Dyrrachion, point initiale de la Via Egnatia.
Il commence à faire bien chaud, c’est l’heure, la fatigue revient, la tête me tourne, il me reste 3 kms pour arriver à l’hôtel sélectionnée parmi tant d’autres. À la sortie du port, pas loin de la plage, des commerces et pas chers. C’est l’hôtel Julia. Le gérant me reçoit mais ne parle pas les langues que je connais. Il utilise son Google translate, parle l’italien que je commence à comprendre.
Surprise, il veut que je le paye en euro et cash. C’est pas indiqué comme cela mais bon, j’avais prévu le coup, déjà subi par mes prédécesseurs. En fait, même le musée préférait des euros. Sauf que c’est pas une source et elle va se tarir à ce rythme là.
La chambre est bien, alors place à la routine et la Sieste, deux heures ! Ensuite un épisode caniculaire est en cours. Tant que je suis sur la côte, il fera très chaud mais pas 40. Tout cela m’amène à adapter ma trajectoire pour les jours à venir. Pas question de grimper les montagnes comme prévu. Je vais suivre la route encore une fois à cause de la logistique. Il y avait un bivouac de prévu mais je ne peux emporter 10l d’eau pour deux jours. Encore une fois dommage mais la nature commande.
Le température commence à chuter, c’est l’heure de faire un tour, la supérette du coin et puis je décide de faire un bon repas. Je n’ai pas été déçu. Avec cela je devrais être d’attaque pour demain.
Voilà les amis, étape de départ vers de nouvelles aventures, qui commenceront demain, car ici les réservations c’est pas leur truc. Donc demain rien de réservé. Bien sûr, j’ai des points de chute de prêts; on verra demain.
Je vous embrasse depuis Durrës
Voici le lien du jour :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/Ql6c5B6JHyEggK6-KAEAAAAAxSGjoDskh0f50w


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