« La volonté trouve, la liberté choisit. Trouver et choisir, c’est penser » Victor Hugo
166 eme jour sur le camino; Aurores, clash, séparation et plénitude
La soirée de San Sévero. Sa découverte a tourné court à cause des orages violents avec de fortes pluies qui sont tombés. Soirée dans l’appartement. Ce qui permet à chacun de faire ses activités. Ce soir c’est cuisine fait maison. Pâtes et légumes.
Après cela chacun dans ses quartiers. Les discussions sont rares. En tout cas la nuit fut calme et reposante pour ma part. Lever 4h30 , une demie heure en plus, à la demande de Diana, nous nous préparons. À 5h je suis prêt, Diana met à peine les pieds sous la table pour avaler ses pâtes de la veille et le melon qui restait. Je lui fait une petite remarque sur le temps et la réplique fut cinglante. J’ai le temps !
Ce petit détail est la goutte qui a fait déborder le vase. Depuis plusieurs jours ou semaines, je sens mon énergie s’épuiser, le matin je suis tendu, la journée, en marchant, ma méditation consiste à vouloir me détendre. Je n’y arrivais pas. Je pensais que c’était moi le problème et j’ai retourné la situation dans tous les sens pour arriver à la conclusion que je ne pouvais plus continuer à marcher avec Diana. Tout a commencé à Rome, dans la basilique St Pierre, en pleine eucharistie, elle s’assoit et joue au jeux vidéo, le temps que la messe se termine. Je ne vais pas lister tous les détails choquants d’une éducation imparfaite mais le rôle de pseudo père ne me convient pas.
Alors ce matin, j’ai donc mis fin à notre marche commune. Nous sortons en silence et commençons l’étape “ensemble” . En retrait derrière, je fais le choix de prendre la route pour éviter les chemins boueux.
Après 7kms, une station essence fait café également. Nous nous arrêtons et je pense qu’elle n’avait pas compris et je lui dis que je n’irais pas dans le même gîte que elle ce soir. Je vais continuer. Je lui donne la somme que j’aurai du payer pour ce soir. Sans un mot elle part aux toilettes et quand elle revient, prend son sac et s’en va.
Le tenancier du café me parle, je suis heureux de pouvoir reparler aux gens, de les écouter, de les regarder dans les yeux. Quelques temps plus tard, je pars, je la vois en ligne de mire mais je suis tellement soulagé.
Je repars avec le cœur qui rebat, je ne la vois plus, elle a tourné vers son gîte qui n’était qu’à 18kms, j’en ferais le double pour prendre les distances.
J’arrive au sanctuaire de Stignano, ça grimpe maintenant. Je savais que l’étape serait longue et dure. Il y’a une fontaine, je reprends goût aux photos aux détails de la nature avec les grenades qui arrivent à maturité.
Ça grimpe encore, à 600m, pour arriver à San Marco in Lamis. Je trouve un café, tous les hommes sont là, ça discute, ça fume et je me met au centre. On me regarde puis tout le monde reprend ses palabres. Mon bourdon intéresse et on vient le voir et le toucher.
Après m’être désaltérer, je repars, ça grimpe mais moins. Autre village, Borgo Celano. Je trouve deux anciens qui vendent des fruits sur le bord de route, non ce sera des tomates de toutes les couleurs. Je lui en demande 5 pour consommer de suite, je me retrouve avec 1kilo pour 1 euros de petites tomates super bonnes de son jardin. Bien sûr une petite discussion. Je reprends mon rythme, celui des hommes et non d’un bootcamp permanent, dans lequel seul Google compte pour trouver le gîte et le café ouvert. Non, laissons la providence faire les choses.
Puis c’est enfin l’arrivée. Malgré les kilomètres je suis en avance par rapport à mon entrée. J’ai trouvé un petit hôtel fort sympa, à prix raisonnable. Hôtel Solaria. Ils ont un restaurant simple avec une bonne cuisine.
J’ai donc une heure à attendre, je décide d’aller à la cafétéria du coin pour manger un truc. Puis c’est l’heure, je récupère la chambre, ma routine et la sieste qui fut profonde.J’en avais besoin.
Vers 17h, je sors pour la Visite, du Padre Pio, une énorme cathédrale moderne, très réussie. Je vais donc voir la dépouille du Padre comme de nombreux italiens. Cela me fait penser à Lourdes ou la basilique de Guadalupe à Mexico.
Je reste un moment dans la cathédrale pour me recueillir. Un prêtre franciscain viendra s’asseoir juste à côté de moi, l’église était quasi vide.
Au retour, je teste le restaurant de l’hôtel et je m’offre un verre de vin pour trinquer avec Jetzabel qui fête son anniversaire à Ourense.
Voilà les amis, encore une page qui se tourne de ce chemin. Beaucoup de leçons après cela mais maintenant les quelques jours qui me restent doivent me permettre de me reconcentrer et préparer ma traversée.
Bises de San Giovanni Rotondo 😘
Voici le lien du jour :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/Ql6c5B6JHyEggK6pJgEAAAAAPRkP7TH-HgHPHQ
Total : 3208 kms


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