“Il n’y a que les seules actions qui dépendent de ce libre arbitre pour lesquelles nous puissions avec raison être loués ou blâmés” René Descartes
165 eme jour sur le Camino; aurores, ligne droite, tomates, migrants, soleil et amabilité
Dîner à Lucera, je m’essaye à la gastronomie locale et bien entendu, la mozarella selon toutes ses variantes et les plats à base de fruits de mer commencent à être sur les cartes.
Après le dîner, toute la ville est dehors, il fait nuit, les enfants jouent bruyamment, les hommes parlent encore et les couples sont installés aux terrasses. Quoi de plus naturel un vendredi soir de canicule.
Après avoir repris nos quartiers, la routine du soir et extinction des feux. Seulement c’était sans compter nos noctambules. Le rond point sur lequel donne la chambre est très animé et notamment d’engins à moteur, bruyant qui paradent devant des jeunes filles; gloussants juste au pied de notre fenêtre. Bouchons d’oreilles je vous aime.
Me voilà dans une bulle de silence, je peut dormir. Réveil à 4h. La nuit fut difficile pour moi, je sors du sommeil un peu gronchon. Très vite je suis prêt mais je ne mange pas du tout cette fois ci. Cela ne passe pas. Le repas d’hier soir trop copieux pour un pèlerin y est pour quelque chose. Et puis, depuis des années je pratique le jeune intermittent. Du fait, normalement je ne commence qu’à manger à partir de 10h. Mais bon avec le Camino il faut s’adapter mais l’habitude est là et le matin cela ne passe pas. Par contre Diana a beaucoup de mal à se passer de son petit dej, elle est capable de se faire un sandwich au saumon ou manger le reste de pâtes de la veille … J’attends donc.
On est quand même partis à 4h45, c’est pas mal. La ville dort mais les migrants attendent leur minibus pour les emmener dans les champs. Oui ce sont eux qui travaillent dans toutes les exploitations que nous croisons. Je ne peux m’empêcher de repenser à cet excellent livre de John Steinbeck “les raisins de la colère” dans lequel il décrit les migrants qui travaillent dans les champs californiens durant la grande dépression. Quel misère !
On sort de la ville en suivant la route principale déserte à cette heure et un samedi matin. C’est d’ailleurs pour cela que l’on emprunte cette voie et en plus elle nous évite un cheminement en zigzag de la via Francegina qui n’a d’intérêt que d’éviter la route. Ce matin celle ci possède une large bande sur le côté; c’est plus sécurisant enfin je le crois.
On part de nuit, alors j’accroche ma lampe à mon sac et en se balançant , elle attire le regard de ceux qui arrivent en face. Ça marche plutôt bien.
Après une dizaine de kms, la route se resserre à tel point que je decide de reprendre le Camino qui est parallèle à la route sur cette portion. On passe donc sur un chemin pierreux, des migrants avec leurs “contremaîtres” s’activent au ramassage des tomates en nombres ici. La manœuvre est mécanisée ici mais c’est la machine qui donne la cadence.
On poursuit sur ce chemin et on redécouvre les poubelles, gravats laissés entre deux champs, meme des plaques de ciment amiantée. C’est incroyable comment l’Italie … du sud peut être un dépotoir. Entre la route et le chemin, je ne sais que choisir. Toujours des migrants qui surveillent l’arrosage, j’essaie de converser mais il ne comprend pas le français, je voulais juste connaître d’où il venait.
L’étape de 23 kms, sera faite sans arrêt car de toute façon il n’y a rien entre les deux. On arrive dans le bourg et on s’installe à un café pour attendre notre entrée dans l’appartement de notre étape. On fera connaissance de Sami, le chat qui se prend pour in chien. Aujourd’hui ce sera l’appartement L’Angolo, très bien, deux chambres, un peu de d’intimité, cela ne fait pas de mal. Et surtout une cuisine!
Seulement, on ne pourra y rentrer que vers 13h, l’attente se fera au même café, les hommes après s’être habitués à notre présence nous questionnent. Ils sont très curieux. Entre deux réponses, des palabres avec de grands gestes entre eux, on ne comprends rien mais le spectacle de l’Italie est là.
Après le feu vert, on fait nos courses et nous voilà installés. La routine, la sieste et nouveauté ce soir l’orage qui nous réveille avec la pluie ! Quel bonheur mais celui ci traîne en longueur. Il n’y aura pas de visite mais je me contente de la fraîcheur salvatrice …
Voilà les amis, encore une étape de transition dans cette plaine, ravagée par l’homme qui l’exploite encore. Demain on commence à remonter vers la dernière montagne. Après, ce sera deux étapes importantes, San Giovanni Rotondo, lieu tres connu des italiens car c’est là que repose le Padre Pio. Enfin ce sera le Monte San Angelo, sa forteresse, sa grotte et son église.
Bises de San Severo 😘
Voici le lien du jour :
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/Ql6c5B6JHyEggK6fJgEAAAAADL3I-ehzhxuo1Q
Total : 3175 kms


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