“ La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence” Jean Giono
92eme jour, la Provence, chaleur, douceur, rencontres.
La journée de repos se termine chez Myriame, tout en douceur. J’ai pu me reposer avec la paix qui règne dans la maison. Nous avons dîner ensemble et partagés nos émotions de voyage. Myriame est un ange du Camino, une belle personne, je ne l’oublierai pas.
Ce matin encore, un petit déjeuner dans cette belle et calme maison. C’est le moment de partir, après une belle accolade, le premier pas est dur.
Je contourne les arènes, la ville se réveille et je me lance sur ce long boulevard qui me fera sortir. Avant je dois me ravitailler pour la route. Je passe devant plusieurs boulangeries mais j’en choisi une. Celle de Christophe, qui me sert et me demande si je faisais le chemin de Compostelle. Une réponse et il m’avoue que c’est son souhait le plus cher de partir. Il est de ces personnes, qui ont reçu l’appel et doivent trouver les moyens de concrétiser, c’est la première phase du chemin, réunir ses ressources pour partir, s’extraire de la gangue du quotidien. C’est une belle personne qui trouvera le moyen et c’est pourquoi je suis resté un peu de temps avec lui, il le mérite.
Me voilà sorti de la ville et je longe cette dangereuse D17, coincé entre les rails de sécurité et les voitures. Arrivé à l’abbaye St Pierre de Montmajour , je souffle mais je ne pourrais pas profiter de la visite, fermé. Dommage. Je poursuis et je tombe sur un site de plus de 4000 ans attestant la présence d’hommes dans la région; il s’agit de l’hypogée du Castelet. Au bord de la route, la visite s’impose. Impressionnant!
Enfin je sors de la route et me retrouve dans la garrigue, pour aller voir les vestiges d’un des aqueducs qui alimentait Arles. À partir de cet endroit, je ne suis plus le GR officiel. Je me dirige vers le moulin d’Alfonse Daudet, dont les lettres me ramènent à l’adolescence. Au pied du moulin, petite pause puis je me dirige vers une pépite antique que je souhaite voir. Il me faut longer une zone militaire hautement sensible, que cache t’on dans cette ancienne carrière exploitée depuis l’antiquité ? Je suis une ancienne calzada romana dont les traces des chariots chargés de pierre sont encore visibles, puis je contourne une ferme et enfin j’arrive à l’autel de la coquille.
C’est un autel antique, avec une coquille où devait se trouver Vénus/Aphrodite. On y sacrifiait des taureaux et on aspergeait de sang le prêtre …La coquille de la naissance de Vénus a un rapport avec la légende de Compostelle; selon quelques historiens. C’est ce qui me plait le plus, comment se sont liés l’antiquité et l’arrivée du Christianisme du point de vue des cultes et des idées.
Je sors de la propriété privé , ni vu ni connu et reprend la D17, puis j’emprunte un sentier, une ancienne voie de chemin de fer jusqu’à Paradou.
Tout petit village, mais dont la commune a investi pour faire une halte jacquaire. Un très joli gîte refait dans l’ancien presbytère accolé à l’église du village, attestée depuis le 10 siècle.
Je suis reçu par une bénévole et suis le seul pèlerin présent pour ce soir. D’ailleurs je n’ai rencontré aucun pèlerin.
Voilà c’est l’heure de la routine et puis de faire quelques courses. Une fois de plus la boulangère du coin, sensible au Camino par sa fille m’offre mon dessert de ce soir. Je suis comblé.
Merci à tous ces braves personnes qui ont encore la foi.
Voilà mes amis pour cette première étape sur la via Aurélia. Demain c’est Salon de Provence, berceau des officers de l’armée de l’air.
On vous embrasse
Voici le lien du jour :
https://1drv.ms/a/s!Al6c5B6JHyGuhLZfelyI9PHI9gMuwg
Total : 1659,64 kms


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