“L’effort librement consenti rend libre” Louis Nucera
37eme jour sur le camino, tristesse, longue, exténuante, nouveau départ
Cela commence toujours avec la soirée passée à Puente la Reina. Une fois notre routine effectuée, nous sommes sortis car l’hostal n’avait pas mis le chauffage. Il faisait 16 degrés à l’intérieur.
Nous sommes donc allés chercher une terrasse pour profiter de la dernière soirée et des rayons du soleil. A un moment il faut bien que l’on rentrent en insistant auprès du tenancier qu’il mette le chauffage. En fait, nous en avons eu seulement dans la nuit. Ce matin, il faisait 01 degré dehors à Puente la Reina. Encore un qui veut faire des économies sur le dos de ses clients.
Bref ce matin, réveil plus tôt car Jetzabel a son bus à 8h30. Je profite de son retour pour laisser encore quelques bricoles et gagner quelques grammes sur le poids du sac.
L’ambiance est morose, après avoir passé plusieurs mois ensemble sans séparation, voilà que nous attendons un bus qui l’emmènera à Irún.
Seulement c’est ce qu’il faut faire pour définitivement savoir ce qui ce passe avec cette cheville.
C’est donc triste que nous nous disons au revoir, je vois partir son bus et moi, commencer ce nouveau chemin.
Je quitte Puente la Reina avec une charge psychologique forte qui ne me quittera pas de la journée.
Cette journée a été une épreuve. Il a fallu remonter à 650m avec un vent de face et de la pluie au départ.
Je passe trois villages, rien pas un café, je vois personne. Voilà l’ambiance !
Il faut presque faire 20 kms pour trouver un café et se sustenter d’un malheureux “bocadillo” . Je n’avais qu’un croissant et un café dans le ventre… c’est un peu juste pour l’énergie à dépenser.
Il restait 10 kms selon mes calcul et je me disais en 2 h c’est plié. C’était sans compter la surprise, un sentier à flan de colline jusqu’à destination. Là, on est monté d’un cran dans la difficulté, plus rien à voir avec le camino Frances. Cela ressemble au Gr 65 de la via Podiensis. Sauf que j’ai déjà 20 kms dans les pattes, pas le moral, ça glisse, je trébuche, je suis fatigué.
Une dernière halte pour faire un reset. Je bois et mange ma ration de survie ; des dattes.
Je repars tout doucement pour éviter l’accident de fatigue, peu importe le temps que cela prendra.
Enfin, seulement 1 km avant j’aperçois le village avec soulagement. J’arrive à la casa rural et un monsieur très gentil m’accueille et me donne ma chambre chauffée , grande …Je suis ravie.
Pendant ce temps, Jetzabel est dans le train pour le Médoc… c’est le début d’un nouveau chemin.
Mais le combat continue, ici c’est semana santa et pour dîner, il faut être patient… Demain ils seront tous fermés, au pire il me reste trois dattes pour chaque dizaine de kms.
Voici le lien du jour:
https://1drv.ms/a/s!Al6c5B6JHyGuhKZXztYlIxOMYbhCaA
Total: 860,23 kms et 23 kms en voiture


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