« Au cours des siècles, l’histoire des peuples n’est qu’une leçon de mutuelle tolérance » Émile Zola
Encore une soirée singulière pour ce Camino del Norte. Après la routine du pèlerin, nous sommes conviés à 19h30 dans une grande pièce avec de nombreuses gravures et photos souvenir. Nous sommes 70 ce soir, plus de 10 nationalités, selon la direction de l’auberge. On attend un peu que l’abuelo Peuto arrive. Enfin, un homme âgé arrive vêtu d’un poncho type andin avec une large barbe blanche. Sa démarche est hésitante et il est accompagné d’une de ses volontaires qui traduira de l’espagnol à l’anglais.
Le discours commence par l’origine de l’auberge que l’on peut retrouver sur ce site:
https://www.alberguedeguemes.es
Ensuite il se présente, un prêtre ouvrier de 88 ans qui a voyagé à travers l’Afrique et l’Amérique latine mais aussi jusqu’en Inde. Il a développé l’idée de l’auberge à cette période mais surtout pour des projets sociaux culturels pour aider certains dans le monde, notamment en Éthiopie.
Le regain pour le pèlerinage vers Compostelle dans les années 90, profitera et deviendra l’activité principale de l’établissement. C’est une auberge qui est donativo mais par les messages de paix et d’humanité donnés, les pèlerins suffisent par leur don à faire perdurer l’auberge et même participer aux projets.
Son dernier thème, est plus conceptuel que philosophique bien qu’il dise le contraire. Prêtre, il ne prône aucune religion mais plutôt une culture du partage non basé sur la performance et la possession individuelles mais par un entrelacement des savoirs au service de tous.
Mon opinion sur ce discours, un peu long pour des pèlerins qui ont fait 30kms sous le soleil, n’a pas éveillé la moindre envie de modifier leur vie pour adhérer à son concept. En fait, il s’agit d’un humaniste des années 70 dont le discours n’a pas changé depuis, qui s’adresse à des générations qui n’ont connu que développement économique et société de consommation. Il était donc Improbable de faire adhérer ces générations à l’idée de kibboutz, concept qui me semble le plus proche du sien.
Bien sûr le discours titille l’empathie et la bienveillance de surface qui caractérise notre société « occidentale », ce qui permet de collecter plus de dons pour l’auberge mais de là à accepter de changer son mode de vie à la baisse pour que l’éthiopien puisse vivre et non pas être exploité, ces générations ne sont pas prêtres. Sensibles mais pas prêtes.
Je reste persuadé que seule la contrainte permettra cette décroissance; d’ailleurs elle est en cours, insidieuse et s’appelle l’anthropocène.
Après tout cela, on retourne dans le classique avec un bon repas et c’est déjà l’heure pour dormir.
Nous sommes 9 dans la chambre. Ça commence à faire petit. La nuit se passe difficilement car mon matelas de 10 cm d’épaisseur était fatigué et je sentais la planche de bois qui servait de sommier sur mes os.
La nuit terminée, nous avons droit à un petit dej simple mais copieux. Un peu tard quand même, 7h30 mais aujourd’hui cela m’est égal car ma destination n’est pas loin. Par contre, beaucoup veulent couper la grande étape de lundi et passent donc Santander pour réduire la distance.
Pour ma part, j’ai opté pour un peu de repos dans une chambre d’hôtel après 15 jours d’auberge; c’est apreciable. Je ferai la longue étape demain de 37 kms.
Ce matin donc, je pars avec le couple de français de Digne et d’un pas lent, on discute.
Arrivé à Galizano, une petite nouvelle pause café et finalement je décide de faire le chemin côtier avec eux, variante du camino officiel.
À la reprise, la jeune danoise nous rejoint et une autre discussion commence en anglais. Notre couple se détache car pas à l’aise avec l’anglais. Moi non plus mais je m’en fou.
Finalement ce chemin suit une série de plage et de falaise à pic. Beaucoup de marcheurs et cyclistes du dimanche.
On arrive assez vite à Somo, lieu de l’embarcadère pour la traversée de la baie de Santander. D’ailleurs on arrive à pic, le bateau nous laisse une minute pour prendre le ticket. La traversée se fait en 20 minutes, c’est plutôt agréable.
Arrivés de l’autre côté, j’offre la pause à ma camarade danoise car pour aller vite c’est elle qui a payé le bateau. On discutera encore un peu puis elle continuera pour éviter la longue étape.
Enfin direction l’hôtel en espérant pouvoir avoir la chambre avant 15h. Mauvaise pioche ! J’attends au café juste à côté et finalement à 14h, la réception me dit que je peux entrer.
C’est l’heure de profiter pour être tranquille et récupérer un peu.
Bon dimanche
Total : 322 kms
Photos : Je rajouterai celles de ce soir
https://1drv.ms/a/c/ae211f891ee49c5e/En1QTOn8yY5NnSzLWJlRsDMBpNx3hLV_ZdS_D17WkUgAag


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