« C’est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s’affranchira et deviendra l’humanité. » Jean Jaurès
Malgré mes appréhensions d’hier, la soirée à Bilbao s’est finalement bien passée. Une dernière sortie pour aller chercher de quoi dîner et je resterais jusqu’au matin à l’auberge.
Au lit de bonne heure dans l’intention de récupérer un peu, je profite d’être seul pour commencer ma nuit. Effectivement, les jeunes ont commencé à arriver dans la chambre, tous plus ou moins respectueux. Il a fallu que j’intervienne à 23h car deux allumèrent la lumière; comme si de rien était. À minuit le calme était revenu, je pouvais profiter de ma deuxième nuit.
Ce matin, c’est la grasse matinée, debout à 7h45. L’étape est courte et le gîte n’ouvre qu’à 15h. Je me suis même permis de prendre un petit dej à l’auberge.
Finalement je reste très satisfait de cette auberge, comme quoi c’est possible.
Aujourd’hui, est une étape particulière, de transition, qui me fera sortir de Bilbao pour revenir vers l’océan. Mais pas question de belles plages, cette fois ci c’est un paysage défiguré par l’industrie.
Le départ se fait du centre, où l’on voit les Ferraris qui passent, les tradeurs dans leur beau costume et le flux de latinos allant chercher leur poste de travail. Bilbao est une ville bancaire, le siège de BBVA notamment. Pas très connu en France mais partout ailleurs.
Passage à nouveau devant le musée Guggenheim et la statue du personnage. Et bien, pendant une dizaine de kms, je verrais l’envers du décors. Une balade à travers les friches industrielles, les cités ou s’entassent la main d’œuvre, les nouveaux propriétaires, Arcelor Mittal.
C’est donc un chemin social ce matin. Les usines certes, la pollution mais surtout le peuple. Entassés depuis des générations à proximité. On peut voir les anciens attablés au café ou marchant, côtoyant les actifs au travail et les autres; ceux qui n’ont pas la chance d’y être et que l’on regarde de travers car ils semblent toujours préparer un mauvais coup.
Bref, ce matin c’est du Zola à l’Espagnole. Triste mais bien réel. Le plus triste c’est le drapeau de l’atletico de Bilbao qui prône un peu partout, canalisant les émotions de ce peuple meurtri.
À l’arrivée une église sort du lot. Elle est ouverte. Je profite pour méditer un peu. On me demande si je veux le tampon sur ma credentiale, je suis surpris. C’est un jeune architecte qui vient passer 15 j dans l’église, au service de la paroisse. Il me fera visiter le petit musée, bien qu’il soit fermé au public. Un petit moment d’humanité.
J’arrive très vite à l’auberge, fermée à cause de horaire. Une petite visite du pont transborder le plus grand du monde encore en service.
Une heure d’attente avec d’autres pèlerins. Je retrouve ce couple de français que j’avais aidé à sortir de San Sebastian. Il fait froid et la pluie revient.
Aujourd’hui le gîte est une association et en donativo. En fait c’est une partie d’un gymnase transformé en gîtes. C’est sommaire mais comme je le disais hier, c’est donativo donc rien à dire. Plutôt merci à ces volontaires qui permettent cela.
Voilà pour cette étape singulière, demain on reprend la normalité.
Total : 214 kms
En photos ça parle !
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