Macédoine 2 Struga – Ohrid

« La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle » Antoine de Saint Exupery

182 eme jour sur le Camino; Lac, route, histoire, Saint et rebondissement

La soirée dans cette touristique ville de Struga fut paisible. Ici, le lac agit encore et les gens de la ville, de toutes confessions, se mêlent aux différents cafés et restaurants. Le rythme est donné aux sons des cloches et de l’appel du muezzin, le tout sirotant son café ou dégustant sa glace. Après l’arrivée et la routine sieste, je pars explorer les environs mais pas très loin. La supérette du coin, un restaurant au bord du canal puis une douceur chez un pâtissier turque.

Après cette immersion, je retourne à l’appartement et sirote un thé avec mes douceurs orientales sur le petit balcon. Une soirée douce.

La nuit fut agréable et réparatrice. Compte tenu des températures plus clémentes je pousse le réveil à 5h.

La routine du matin en mode automatique, un petit déjeuner acheté la veille. Puis un peu avant 6h, je m’élance. La ville se réveille à peine. Ça balaye, ça met en place les terrasses … je passe très vite le centre pour me retrouver sur la route qui suit le contour du lac. De larges trottoirs nous mettent en sécurité et de toute façon quasiment pas de trafic. Quelques marcheurs.

L’un deux me dépassent mais au loin une troupe de chiens errants molestent une dame. Le marcheur devant moi ramasse une pierre et commence à s’écarter. Mes sens se réveillent mais je garde mon cap. En effet, une dizaine de chiens font la loi. Je passe devant, le bâton prêt mais rien ne se passa. Au contraire ils s’écartent, n’aboient meme pas et je m’arrête même les prendre en photos. Je suis vraiment étonné du comportement des chiens, il n’y a pas si longtemps que cela, ils m’auraient harcelé. Plus tard, j’entends derrière moi qu’ils recommencent à aboyer après tout le monde.

Le chemin suit le bord du lac, c’est agréable. Cela ne va pas durer car à partir du seuil de piste de l’aéroport, la nationale rencontre la route sur laquelle je suis maintenant. Ouf, il n’y a pas beaucoup de circulation mais il faut rester attentif car pas de bordure sur le côté. Ça va être comme cela jusqu’à l’entrée d’Ohrid, avec en plus, un trafic qui se densifie.

Enfin je rentre dans les faubourgs, soulagé. Quelques immeubles de type soviétique vous accueillent, on a l’impression d’y être. Les voitures YUGO et les camions d’époque. Enfin j’aperçois la muraille et le rocher qu’il va falloir grimper.

Une petite pause et on monte. Tout de suite le lac se dévoile. Je me dirige directement à l’endroit que je voulais voir absolument l’eglise Saints-Clément-et-Panteleimon . Elle se mérite car il faut grimper.

L’entrée est payante mais peu importe. C’est un haut lieu de la paléo chrétienté, bien avant Saint Clement d’Ohrid. Celui ci a également une histoire très riche, sur l’expansion de la bible aux peuples slaves. Je vous invite à en savoir plus.

Un type me propose ses services en français. Il se dit philosophe. Je lui laisse une chance. Il commence à me faire une dissertation, en français, sur les origines des religions, la svastika présente sur les vestiges … Je n’ai pas été très convaincu de son exposé et je n’ai pas voulu aller plus loin.

Je fais le tour de cette ancienne et immense basilique et fais connaissance d’une guide qui parlait également français. Je suis un peu réticent au début et voyant que l’on discutaient bien, ce n’était pas un monologue comme le premier, je l’invite à m’expliquer le complexe et l’église qui est debout. J’y reste une bonne heure. Finalement on finira par se donner l’accolade. Son prénom est Svala et je l’emporte avec moi. Une belle rencontre.

Ensuite je vais à mon gîte d’étape. La villa Ella. Une petite maison, une personne âgée est ici mais fait semblant de ne pas me voir, un homme ventru, torse nu apparaît mais ne m’adresse pas la parole. Puis une dame, très gentille me parle en anglais et est surprise de ma réservation. Je fronce le sourcil. Après quelques minutes de recherche, elle me trouve.

Elle me dit que la chambre n’est pas prête car il n’est pas midi. En effet, il est 11h30. Je lui demande de laisser mon sac, ce qu’elle accepte. Je découvre la chambre encore en vrac, pas de Clim et une salle de bain commune , enfin quelque chose qui y ressemble, à partager avec eux. Une chambre d’hôte un peu spéciale. Je laisse mon sac et part en ville. Je n’avais pas prévu cela.

Bref, j’en profite pour aller voir la forteresse, payante. A part la vue, pas grand chose. Au milieu de la cour un Château d’Eau semi enterré. Je décide d’aller retirer de l’argent et de manger un morceau. Ohrid est très très touristique, du monde entier.

Pour aller faire ce que j’avais à faire, il faut descendre la colline. Je vais au distributeur et là, je me retrouve avec une liasse de billets. Qu’est je fais ? Avec toutes ces conversions des derniers jours, j’ai ajouté un zéro de trop. J’ai retiré quasiment 500 euros en dinards macédoniens, que vais je faire de tout cela sachant que dans 3 jours, je retrouve la zone euro.

Je commence à fatiguer et m’assois pour demander à manger. Non on ne fait pas , juste bar! Décidément. Bref je me pose un peu car ça part à l’envers cette étape ! Je vois un bureau de change en face, j’y vais et je regagne les euros avec un taux de change honnête. Ils me serviront pour la Grèce.

Enfin je trouve un restaurant qui fait à manger. Puis me vient l’idée de changer de gîte. Demain, j’ai 35 kms à faire dans la montagne (1600m) sans ravitaillement possible. J’ai besoin de dormir correctement. En cherchant, je trouve autre chose sur mon chemin et pas très cher mais plus que le premier. En fait, hier j’avais un appartement pour 32 euros et aujourd’hui une chambre pour 24, cela me semblait honnête. Mais ici, le capitalisme touristique international bat son plein et la douceur d’hier n’est plus. Alors oui, pour 24 euros, vous avez ce type de prestation qui peuvent convenir dans certains contextes de cheminement.

Mais pas ici, à cette période de l’année, pas à ce moment de mon périple. D’ailleurs aujourd’hui, je passe les 6 mois sur le chemin jour pour jour. Ça se fête non ?

Voilà , après un bon repas, je vais récupérer mon sac, dédommager la dame, très gentille au demeurant, mais qui n’a pas compris les standards minimums de l’hôtellerie.

Voilà, direction la nouvelle chambre avec un passage à la supérette pour demain. C’est très convenable pour le prix. J’ai tout ce qui me faut. Le tenancier sympathique discute un moment avec moi et me met en garde pour les incendies. Deuxième mise en garde. Je lui demande comment savoir si mon secteur est touché. Il se propose de rechercher l’information, j’attends.

L’heure est bien avancée et je débute ma routine seulement. Tant pis pas de sieste, il me faut préparer l’étape de demain. Si le parc est fermé, je serais obligé de prendre le bus. Je n’ai pas d’hébergement pour demain… ça se complique.

Je trouve le numéro du seul hôtel à Resen, tous les prédécesseurs y sont passés. J’appelle et fiuff, ça répond et il comprend un peu l’anglais. Il y a de la place, je lui donne mon prénom et à demain. C’est déjà ça de gagner. Il me reste à savoir comment.

Voilà les amis, une étape qui semblait simple… Le chemin vers Jérusalem est une série d’obstacles qui sont autant de leçons de vie. Il faut avancer et les obstacles sont résolus ou évités. La marche ne représente plus l’essentiel, c’est l’approche que j’ai de la vie qui l’est maintenant.

Dernière minute, au moment d’écrire ces lignes un violent orage s’abat sur la ville … c’est bien pour les incendies !!😉

Bises d’Ohrid 😘

Voici le lien du jour:

https://1drv.ms/a/s!Al6c5B6JHyGuhNQgFwkTHGDf5bn8fQ

Total : 3469kms


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