“Développe en toi l’indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie.” Marc Auréle
162 jour sur le camino; aurores, chien, très beau, longue et anges
Après cette belle soirée en compagnie d’Antonio et Antonella, la journée si tourmentée se termine en paix .
Si j’écris dans ce blog mes états d’âme, je ne cherche aucune compassion ou bienveillance, encore moins de jugement. Il s’agit avant tout de laisser une trace de mon état d’esprit.
Ce qui guide ma vie au quotidien, c’est en grande partie la philosophie stoïcienne tardive. Dieu est grandement présent dans cette philosophie. Alors ma lecture de la vie est crue, réaliste et sans détour , elle peut parfois choquer et blesser mais le feu brûle et l’eau mouille. Pourquoi pervertir les réalités.
Ce chemin, est l’occasion pour moi de me renforcer dans l’apprentissage et la consolidation de cette philosophie et de l’approche que j’ai par rapport à Dieu. À quoi cela sert de lire de nombreux livres, à se développer ou à remplir des étagères de trophées poussiéreux.?
Ce chemin est un cahier d’exercices au quotidien. Chaque exercice a son corrigé immédiat avec sa récompense ou sa sanction. Dieu y veille, je vous le garantie. C’est lui le maître.
Lever aux aurores, notre préparation silencieuse est rodée. Après un petit dej frugal au sens premier du terme, nous partons de nuit maintenant. La sortie est rude et il fait grimper de suite. Le souffle est court et les jambes froides. Sur la place du village, Un bar ouvre mais ne sert pas encore. On tente notre chance au prochain village.
Une fois sortis du village, une succession de montées et de descentes dans des chemins parfois disparus rendent l’exercice difficile et périlleux pour les chevilles. Mais le spectacle est là. La Toscane c’est joli mais j’ai un penchant pour cette région à cheval sur Campanie et Pouilles.
Le village suivant Casalbore est encore endormi. Rien n’est ouvert avant 7h, le café nous passe sous le nez. Pour ma part ce n’est pas grave mais Diana fait la moue. En effet, après ce village il faut faire 20kms pour arriver à un autre village.
Raison faite, on continue. Le chemin est très joli avec le jour qui se lève. Encore une fois on a droit à nos harcèlements de chiens. La méthode conseillée qui consiste à se mettre en croix en se faisant le plus grand et gros rapidement fonctionne plutôt pas mal.
Nous arrivons à la frontière des deux régions, le chemin disparaît au niveau du pont du Saint Esprit. C’est presque de l’escalade pour se sortir du lit de la rivière.
Nous sommes remontés à presque 800m, l’air est plus sain. Les éoliennes envahissent le paysage, quel gâchis, je ne peux m’empêcher de penser à ces tonnes de bétons armés et de câbles qu’il faut pour maintenir une éolienne. Il y a tellement de soleil et de toits disponibles ! Nous arrivons à Villagio San Leonardo, un village aux allures de caserne. Pas de commerce, rien. Beaucoup d’appartements fermés.
Diana est en manque d’eau, et la seule solution est de demander. La providence fera qu’elle rencontrera un ange du chemin. Grazie. Elle nous invite dans son jardin, nous offrira de l’eau, des fruits et un café. Nous sommes comblés.
Elle nous raconte qu’elle a fait Santiago, missionnaire en Colombie, au Mexique et est très croyante. Voilà un très bel exemple de christianisme au service des plus nécessiteux. Elle nous dira que ce village est en fait un lieu de villégiature, de repos.
Après cette belle pause nous repartons, revigorés dans tous les sens, la dernière pente se fait sans problème. Malgré les 4 kg chacun en plus dans le sac.
Avant la descente, on s’arrête à la fameuse fontaine, indiquée pour se rafraîchir d’une eau de source. Notre arrivée dans ce petit village désert se fait par une descente assez rude sur goudron. Nous descendons à l’auberge communale ce soir, un peu chère 30 euros mais les prestations sont très bien.
Avant de s’enfermer, je décide d’aller au seul restaurant ouvert du village pour manger et boire. Une seule épicerie fermée dans le village. Bon choix, à l’ombre, on récupère et on prend contact pour notre entrée dans l’auberge. C’est un peu compliqué car il faut passer par un intermédiaire qui parle anglais et qui retransmet aux fonctionnaires de la mairie. Il faut dire que l’accent d’ici est incompréhensible, cela doit un être du patois.
Arrivés à l’auberge un fonctionnaire nous montre notre chambre. De suite la routine puis la sieste, bienvenue après 30kms. Puis notre soirée commence par l’épicerie mais avant, pas loin de l’auberge des gens attroupés à veiller un mort, visible de la rue car la maison est grande ouverte. Enfin on retourne au restaurant pour dîner.
Voilà les amis pour cette belle étape qui nous rapproche de l’Adriatique maintenant.
Bises en direct des Pouilles
Voici le lien du jour
https://1drv.ms/a/s!Al6c5B6JHyGuhMxQHp41lJed1rnuSw
Total: 3117 kms


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