« Pourquoi venons-nous sur terre ? Pour apprendre à aimer » Abbé Pierre
121 eme jour sur le Camino; Cheminer, dialoguer, peur et Agape.
Nous en étions restés à notre étape de Fidenza. Un gîte privé de très bonne facture, partagé avec notre pèlerin français Simon en mal avec ses ampoules et un couple d’italiens haut en couleurs.
Hier, en arrivant la routine a pris un peu plus de temps car il est devenu urgent de changer de pantalon. Je commençais à avoir les fesses dehors. Jetzabel avait besoin d’un T-shirt nouveau. Nous avons profites d’une grande surface dédiées au sport, bien connu en France pour faire quelques achats.
Cela fait, on revient avec nos courses et au moment du repas pris ensemble, notre italien nous a fait une dégustation de Mozarella ; la vraie selon lui. En effet rien à voir du tout avec ce que l’on connaissait. Du coup on apprend que nous passerons dans la région de production. 👍
Un cycliste français de Toulouse nous rejoint dans la soirée. Il allait à Bolene.
La nuit fut courte car l’extinction ne s’est faite qu’à 23h ce qui n’est pas raisonnable quand on se lève à 4h30. L’avantage est que le sommeil arrive vite.
C’est donc la montre qui nous réveille ce matin. Nous nous préparons discrètement. Au moment de partir, Jetzabel m’annonce qu’elle est nerveuse car l’étape commence à se plisser. Nous ferons l’étape ensemble. Jetzabel accumule maintenant trois semaines de marche, la fatigue, les bobos, la chaleur et surtout le mental qui rentre en jeux. Nous sommes tous passés par là quand on souhaite faire des milliers de kms. Elle seule pourra et devra surmonter ses peurs, ses doutes, ses démons; avec de l’accompagnement bien sûr.
Nous sortons à 5h, il fait lourd, le jour se lève mais on sait que l’étape sera différente. La sortie de la ville se fait rapidement puis les premiers sentiers avec des arbres apparaissent. Ce matin c’est couvert et orageux. On commence à retrouver un peu de pentes.
En discutant, nous nous rendons compte que nous venions d’avaler 13 kms et remonter à près de 300m.
Une pause s’impose, nous sortons du chemin et poussons voir au village de Costamezzana s’il existe un café. La récompense fut à la hauteur de la peine pour monter la côte. Nous nous installons et commendons de quoi nous rafraîchir. Le tenancier revient avec un tampon pour la credencial et nous demande d’où on venait et où on allait. « Bello, Bello ».
J’ai senti de suite l’émotion dans son regard et je l’ai laissé plonger dans le mien, de l’envie, de la reconnaissance et surtout la foi communicante. Au moment de partir, Oliviero nous offrira nos boissons et nous nous ferons une forte accolade, échangeant notre foi. Jetzabel partagera ce moment elle aussi, et je suis heureux qu’elle ait pu sentir ce que j’appelle maintenant l’ Agape, les larmes coulent sur son visage. Oliviero nous demandera de prier pour lui à Jérusalem. Son nom et son visage vient s’ajouter à ma longue liste maintenant. Je me sens porteur de quelque chose qui me renforce chaque jour et redevable de la mission confiée .
Reparti, sur les pentes, nous découvrons de nouveaux paysages, plus conformes au pèlerinage. Après une dernière difficulté, la descente vers l’étape. Nous ne sommes pas attendus avant 14h30 alors on profite d’une terrasse pour se reconstituer puis aller faire nos courses.
Nous arrivons à l’oratorio, partie prenante de la paroisse et de nombreux enfants sont là. Une des encadrantes nous sermonne juste par le fait que nous nous approchons des enfants. Nous tentons de lui expliquer , elle se calme. Ce village ne dégage pas beaucoup de bonne énergie. Nous avons assisté à deux accrochages de voitures, les gens ne disent pas bonjour. Seule Lucy, la dame qui nous a fait l’accueil rayonnait et d’ailleurs les enfants l’ont entourés à son arrivée.
Voilà une belle étape malgré les difficultés en tout genre, on vous embrasse.
Voici le lien du jours
https://1drv.ms/a/s!Al6c5B6JHyGuhMAqN95Gsxx-5uEifQ
Total: 2282,53kms


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