94eme jour, ligne droite, antique, pluie et ville.
“ Les grandes villes du monde sont toutes affligées de deux plaies : le luxe excessif et la misère” Abbé Pierre
Ma soiree a Salon, s’est terminée au gîte communal. Après avoir fait mes courses et profiter de la terrasse d’un café, je suis rentré pour me préparer un repas avec moi même; une nouvelle fois.
Au menu Purée avec des œufs, sorte de tortilla de patatas. J’avais envie de cela. À part cela, j’ai passé du temps à m’étirer et dorloter les pieds à cause de cette gêne au genou qui empire à l’arrêt.
La nuit fut encore agitée, pleine lune ? Quoiqu’il en soit, j’étais debout à 6h pour me préparer. Le ciel est gris ce matin, ça me va.
Voilà le sac est bouclé, je ferme le gîte et laisse les clés comme convenu. Il est 7h15 quand je m’élance à travers la ville encore endormie. Il fait bon, mon genou ne me fait pas mal, c’est une bonne nouvelle.
Je trouve la boulangerie qui convient pour le ravitaillement du jour. Et voilà c’est parti et le premier point particulier après le passage dans le centre, est la Base de Salon de Provence, qui abrite les écoles d’officiers. Un petit pincement en revoyant les bâtiments; c’était il y’a 23 ans. En revanche, je passe au moment de l’embauche; toujours le même cirque pour rentrer.
La séquence nostalgie passée, aujourd’hui j’adapte l’étape pour la raccourcir un peu de 4 kms soit 34 au lieu de 38 ce qui n’est pas négligeable à ce niveau. En fait, il s’agit de suivre le vrai tracé de l’antique voie romaine Aurélia qui daterait de 241 avant JC.
Je sors donc de salon, passe le canal EDF, puis l’A7 et enfin la campagne. Enfin une petite forêt de conifère ou je trouve l’ancienne calzada romana visible. C’est toujours une émotion de fouler ces pierres.
Malheureusement cela ne durera pas longtemps car la voie antique a ensuite été avalée par du bitume. Je suivrais néanmoins ce tracé aux longues lignes droites. Les romains allaient au plus simple. le GR me fait zigzaguer mais je garde le cap sur le tracé originel. La circulation est parsemée ce qui permet le vagabondage de l’esprit.
Ces longues étapes sur route me font prendre conscience que je change, mon esprit est à vif, conscient mais en même temps détaché du monde qui semble flotter, tourner autour. C’est difficile à expliquer mais je ne ressens plus rien, ni joie ni peine mais l’agapé.
Après une vingtaine de kilomètres, j’arrive à Eguilles, rien d’intéressant mais un bon point de vue sur la vallée car on est remonté à 300m.
Face à la mairie, un banc pour prendre mon repas mais le temps se refroidit. Je ne traîne pas et repars. Bien vu car il pleut maintenant. Obligé d’enfiler les équipements.
Un dernier passage dans la verdure puis c’est l’approche sur Aix. Je n’ai jamais vu autant de résidences pour “vieux”. Tout le monde veut son petit coin de Provence. L’entrée de la ville est laide mais au fond ce n’est pas cela qui compte c’est le mouvement du Camino.
J’arrive après 34 kms, j’avais bien calculé aujourd’hui. Ce soir c’est un petit hôtel car les sœurs chez lesquelles je devais aller sont en réunion. Ce n’était pas possible d’arriver avant 20h.
Après un peu de repos je me décide à aller dans le centre non tant pour le tourisme mais pour avoir le tampon sur ma credentiale et faire quelques courses. J’ai du faire un cours sur Santiago à trois personnes, ils étaient intéressés alors je me suis prêté au jeu. Ils ont retrouvé le tampon quand même.
La ville, son centre sont devenus une caricature. Les beaux gens aux accents anglophones sont omniprésents. Les murs sont préservés mais les bas de porte sont exclusivement des boutiques aux marques de luxe célèbres. Quelques uns luttent pour préserver des traditions comme compteur.
Je ne reste pas longtemps car je suis mal à l’aise dans ce biotope.
Voilà mes amis pour cette étape insipide. Je suis content de quitter ces deux villes demain pour retrouver la Provence profonde.
On vous embrasse et bon week-end qui débute
Voici le lien du jour :
https://1drv.ms/a/s!Al6c5B6JHyGuhLdXK-gbge0bTJnrjQ
Total : 1727,26 kms


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