“Il faut si peu de choses pour faire accepter chaque jour.”
38eme jour sur le camino, oasis, acceptation, solitude, vent, longueur …
La soirée a Monreal fut un oasis. J’ai pu dîner dans un bar qui faisait des pizzas. Il ne faut pas être trop exigeant. Le bar a vu passer tout le village. Ils viennent, boivent, crient et repartent… c’est comme cela mais jamais je me sens rejeté.
La casa rural dans laquelle j’ai séjourné pour un prix modique ne souffre d’aucun reproche. C’était parfait , un petit oasis sur ce chemin tenue par un frère et une sœur, d’un certain âge, très aimables et serviables.
Ce matin, malgré l’étape précédente, j’ai pu très bien récupérer . Je sors à 8h pour avaler un petit déjeuner au même bar du soir car l’étape sera longue et sans ravitaillement.
La sortie de village est très joli et je pars serein. Tranquille car j’ai beaucoup parlé avec Jetzabel et ensuite parce que je me suis bien reposé.
Les premiers kms se font sur des chemins agréables, il fait beau. Comme d’habitude , il faut monter et les pentes me rappellent le pays basque . On est pas loin.
Très vite, je rentre par des petits chemins qui grimpent, ça se complique. Les efforts sont énormes. Les villages sont vides, à part une fontaine rien. Après Izco, je rentre à l’intérieur de la forêt et suis le sentier caillouteux. J’arrive dans un secteur où les vaches passent la journée. Les chemins sont labourés et gorgés d’eau. Les 10kms suivants sont laborieux entre glissades et pataugeages dans la boue. J’essaie de me frayer un chemin dans les résineux et épineux mais c’est pire. En plus je n’ai pas mis mes chaussettes étanches. Obligé de me sécher un peu au soleil; Que du bonheur!
Pour la première fois je rencontre un couple avec leur fille, espagnoles, qui font le chemin d’Aragon. On s’échange l’état du chemin opposé. J’ai même eu droit à une séance pose photo.
J’arrive enfin à sortir de ce bourbier et passe le petit sommet qui amorce la descente vers ma destination. Au sommet, je rencontre mon deuxième pèlerin. Un français qui fait des portions de la via Tolosana et va maintenant vers Santiago. On échange un moment et puis le vent s’étant levé, il est temps de reprendre notre chemin.
La suite sera beaucoup plus simple. De beaux chemins secs. L’arrivée n’est pas terrible car on débouche sur une papeterie et l’entrée du bourg me paraît lugubre.
Mon gîte est à l’entrée. Tout se fait par code. J’arrive devant ma chambre, pas de clés … Je rigole car tout gérer à distance à ses limites.
J’attends un peu puis on vient m’ouvrir, la chambre est froide … je fais ma routine du soir et très vite je sors dehors, le temps que le chauffage promis arrive.
Belle surprise de traverser la rivière Aragon et déboucher sur l’église Santa María la Real avec son portail du 12 eme.
Je fais rapidement le tour du bourg et trouve les endroits logistiques pour ce soir et demain matin.
Voilà les amis, encore une étape haute en couleurs, certes sans Jetzabel mais c’est pour la bonne cause .
Les deux prochaines étapes sont difficiles pour la logistique. Ce sera forcément en dortoirs. Il reste une à confirmer l’ouverture sinon ce sera la tente !
Voici le lien du jour:
https://1drv.ms/a/s!Al6c5B6JHyGuhKcZ7IkhOmksv9jBpw
Total : 888,17 kms et 23 en voiture


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